Au pays des candy (comme dans tous les pays)

On le sait tous : l’Hallowen est une fête inventée par les fabricants de cartes de souhaits, pour vendre plus de cartes «Désolé que tu aies reçu autant de tire Sainte-Catherine». Ça ne veut pas dire qu’on boude pour autant notre plaisir. Chaque 31 octobre, on se déguise en quelque chose d’épeurant (cette année Caro sera en changement climatique, et Mathieu en gouvernement de la CAQ pendant les changements climatiques; on a hâte d’entendre les enfants hurler!), et on s’installe devant un film d’épouvante, comme la finale de Qui veut la peau de Roger Rabbit ou la scène de l’exorcisme dans Les filles de Caleb. (Comment ça c’tait pas un exorcisme?)

Et comme le veut la tradition, on cache des bonbons plusieurs semaines d’avance dans la maison, en se disant qu’on va assurément oublier notre stash et ne pas piger dedans tous les soirs et ensuite ne pas être obligé.es d’aller en acheter en panique à gros prix à la pharmacie le 30 au matin parce qu’on n’aura pas tout mangé en commençant par les tites barres de chocolo et surtout pas pour déjeuner.

Les dégustations qui suivent sont donc purement fictives et pas basées pantoute sur les 88 $ de friandises qu’on grignote absolument pas depuis la fête du Travail.

Les antiques

Ils étaient là du temps de nos grands-parents, qui passaient l’Halloween malgré le sermon du curé du village, les avertissant que les histoires de déguisements pis de faire peur, c’est comme Donjons et dragons pis se jouer dans les culottes avant le mariage : un truc du diable!

→ Le petit sac en plastique contenant quelques bonbons épars, assemblés par une grand-mère qui a occupé son après-midi à faire ça

C’est la loto mamie du bonbon : va-t-on tomber sur un assortiment de Rockets, caramels et maybe une p’tite Coffee Crisp si la luck est de notre bord, ou sur une poignée de petites menthes emballées individuellement que mémère Berthe a volées au Pacini?

→ La tire Sainte-Catherine

La tire Sainte-Catherine est nommée en l’honneur de la sainte patronne des vieilles filles, car y’a rien qui dit plus «femme indépendante de plus d’un quart de siècle n’ayant pas besoin d’un chum pour être plus heureuse que ses amies mal matchées» qu’une sainte mégalomartyre qui s’est fait décapiter parce qu’elle s’ostinait avec une bunch de vieux dudes pis un empereur qui voulait lui faire l’etcetera mais qu’elle ça y tentait pas. C’est quoi le rapport entre être célibataire passé sa prime jeunesse de 25 ans, et un bonbon brun qui arrive à coller dans le papier ciré dans lequel on l’emballe? As-tu déjà essayé d’avoir une conversation de première date intéressante en mâchant une tire Sainte-Catherine? Tes chances de rester célibataire sont bonnes.

→ Les caramels Kraft

Bon nombre de crimes ont été résolvus grâce à l’identification des empreintes digitales toutes huileuses laissées par les suspects pas futefute qui avaient déballé des p’tits caramels mous sans porter de gants.

→ Les cigarettes Popeye

Notre génération savait à peine qui était Popeye. La présente génération de tout-petits sait de justesse ce qu’est une cigarette (c’est un genre de… vapoteuse acoustique?). Et pourtant, ce bonbon perdure. Le bâtonnet de sucre a bien sûr perdu son bout rouge depuis quelques années (cue Guy Nantel qui vient chiâler contre la bienpensance qui fait que même en confiserie on peut pu rien dire!) et changé de nom, mais ça ne change rien à son goût. Et c’est dommage, parce que ce goût est pas mal médiocre.

→ La gomme Bazooka Joe avec une joke d’Un gars, une fille dedans

La gomme est toujours dure, ce qui est normal puisqu’elle a été fabriquée en même temps que la joke dans le paquet a été écrite, c’est-à-dire dans le temps avant que l’humour soit inventé.

→ Les Tootsie Rolls

Parmi les légendes urbaines les plus connues, outre les lames de rasoir dans les pommes, faire apparaître la Dame Blanche dans le miroir en disant 3 fois son nom pis «mes ex étaient toutes des folles mais c’pas moi le problème», il y a celle que les Tootsie Rolls goûtent le chocolat.

Sur sa page Facebook, Tootsie Roll propose un moyen original de dire à son père que s’il ne passait pas autant de temps au bureau ou à jouer à la Playstation, peut-être qu’il aurait un vrai cadeau à la fête des pères.

Les classiques

Ils étaient là de notre temps, toujours prêts à monter la facture de dentiste de nos parents. On n’a pas eu de Super NES à Noël, mais on a eu une douzaine de plombages parzemple.

→ Les Rockets

La première fois qu’on a joué au docteur, c’était pas pour toucher le pipi de quelqu’un d’autre. C’était pour lui donner des Rockets qu’on décrivait comme étant des pilules. On se souvient que, dans ce temps-là, on était pas trop malheureux.ses ou déprimé.es ou burnouté.es ou anxieux.ses. Alors en attendant votre premier rendez-vous avec un psy (novembre 2028 arrivera plus vite que vous ne le pensez!), prescrivez-vous des Rockets.

→ Les suçons qui goûtent les Rockets

La prescription de Rockets n’a pas fait le travail? Mâchouiller le bâton de carton jusqu’à ce qu’il se désintègre a des vertus antistress.

→ Les mini barres de chocolat

Existe-t-il format plus parfait de friandise plus parfaite? Non. Suivant!

→ La grosse barre de chocolat

On a tous entendu la légende de la maison qui donne des barres de chocolat de taille régulière. De la même façon, on a tous entendu dire que Marilyn Manson s’était fait enlever des côtes pour pouvoir se suçoter le bout de la graine lui-même. Elle existe pas, c’te maison de riche là. Arrêtez de la chercher, et arrêtez de prétendre que ceux qui donnent des Kit Kat miniatures sont des radins. Les gens qui ont 600 piasses à mettre sur des bonbons d’Halloween sont riches notamment parce qu’ils ne mettent pas 600 piasses sur des bonbons d’Halloween.

→ Les suçons cheaps en sac de 300

Selon plusieurs études croisées en sociologie et économie appliquée, les barres de chocolat de taille réelle données par les grosses maisons au bout de la rue riche sont en fait un mythe perpétué par le 1% pour faire croire à la redistribution de la richesse. La vraie preuve que les trickle-down economics n’existent pas, c’est que toutes les grosses maisons au bout de la rue riche achètent des sacs à deux huards de suçons cheaps composés uniquement de colorant et de sucre plastifié, que des madames souriantes avec un way trop gros brushing donnent à pleines poignées en se convaincant d’être super généreuses avec les enfants que leur citrouille c’t’une taie d’oreiller.

→ Les petits chocolats ronds avec toujours un peu de blanc dessus parce que toujours passés date emballés dans de l’alloumignonne

Cette friandise se déguste en quatre étapes.

1) Les garder en dernier après avoir trié tous les bonbons de sa récolte et mangé tout ce qu’il y avait dans le lot, même le bâton en carton de suçon de Rockets.

2) Les déballer minutieusement, en sacrant («ah ben trognon de pomme!» ou «saint-ciboire du câlisse de chocolat de marde du cul d’crisse», selon son âge), parce que l’aluminium se défait toutte en ti bouttes et qu’il en reste toujours sur le chocolat pas bon.

3) Parier sur ça va-tu être un chocolat pas bon nature, ou un chocolat pas bon avec du riz soufflé mou dedans.

4) En manger 20 d’affilée, sans même pu se faire suer à enlever le dernier ti boutte d’alléluimignomme avant de l’avaler parce que qu’est-ce que ça change dans une existence anyway la planète va être en feu d’ici vingt ans si on la fait pas exploser nucléairement avant.

→ Les Skittles

En raison de leur haut niveau de désirabilité couplé avec leur rareté sur le marché de la récolte halloweenesque, les mini emballages de Skittles peuvent servir de monnaie d’échange dans la cour de la prison à sécurité maximale l’école primaire.

→ La petite gomme balloune ronde qui goûte de rien apres 42 seconds top

C’est la Liz Truss des gommes : elle ne dure pas longtemps, et elle déçoit tout le monde.

Ce gag, lui, est le Liz Truss de la joke de gomme : dans 3 semaines on ne se souviendra déjà plus à qui il fait référence.

→ La petite gomme qui goûte vaguement le savon

Vous la replacez?

La gomme qu’on était pas sûrs que c’était une gomme, qu’on essayait d’avaler après l’avoir mâchée vainement pendant beaucoup trop longtemps, pis qu’on dirait que pour la faire ils ont ramassé tous les restants de vieilles gommes dans une machine à gommes pis qu’ils les ont pressés en tapons comme quand on fait un nouveau savon dans la douche en compressant ensemble les ti-morceaux des quatre précédents savons, ce qui est une comparaison parfaite parce que ça goûtait un peu le savon, justement?

Ça, là…

Bon. Ben c’est ça. Quossé c’était, ça?

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Merci! Et maintenant, de retour aux bonbons.

Les modernes

Ils sont apparus récemment sur le marché des zaffaires qu’on met dans une citrouille en plastique et, comme n’importe quoi qui a été inventé passé 1998, on n’est pas convaincus pis on pense que c’était meilleur dans notre temps.

→ Les jujubes Fruitsations, de Mott’s

«Oui, bien sûr que je donne des bonbons à l’Halloween. Mais moi, vois-tu [hi hi hi!], je donne des bonbons SANTÉ!» – Une madame habillée en leggings Lululemon dont la maison est décorée comme un AirBnB, avec des affiches en bois «Live, Laugh, Love» et des coupes avec «Mom Juice» écrit en glitter dessus.

→ Les Carambars données par les Français sur le Plateau

Bonbon dégueu, blague avec pas de punch, yup, pas de doute, c’est un bonbon parisien.

→ Le triumvirat du jujubes surettes

Pour se faire un solide trip de surette à en plisser les yeux pendant que ça nous chauffe dans les craques de lèvres gercées, nous on avait juste des Fizz, qu’il fallait enfiler en gang pour que ça goûte un peu de quoi. Astheure, les jeunes passent direct aux affaires hard, comme les Fuzzy Peach pis les Sour Patch Kids. Clairement des bonbons gateway vers l’acide citrique pur glissé sur les gencives avec le p’tit doigt. Pis justement, parlant de ça…

→ Le bonbon avec de la drogue dedans

Chaque année, on nous le promet, ce mythique bonbon que des méchants dealers de droye pas regardants sur leur perte de profit ont mis du pot/du LSD/de la peach dedans. On a passé l’Halloween jusqu’à tard dans notre adolescence dans l’espoir d’enfin avoir un trip gratisse. Les p’tits criss de 15 ans qui faisaient peur à vos enfants le 31 octobre? C’était nous autres. Tout ce que ça aurait pris pour nous faire arrêter, c’est un p’tit Jelly Bean infusé aux champignons magiques, ou une Kit Kat à l’acide. C’pas compliqué, me semble?

Les c’pas un bonbon mais on va le prendre pareil

Ça n’a pas été fait à partir de sirop de maïs (le maïs est entaillé du début du printemps, à la cabane à maïs), mais si tu le mets dans notre sac, on chialera pas. En tout cas, pas avant que tu aies refermé la porte.

→ Le mini sac de chips

Le coup de génie, toi. La gang des chips, des crottes de fromage et des affaires salées s’est réunie un matin, pis a décidé de s’inviter à l’Halloween, la fête qui célèbre les affaires sucrées. C’est inspirant, pareil. Checkez-nous bien nous inviter au prochain meeting de l’Académie française.

→ La bague en bonbon

Symbole par excellence de l’hétérofructopatriarcat, la bague en bonbon sert à se conformer aux attentes sociétales en matière de fréquentations amoureuses, c’est-à-dire à faire semblant de se fiancer avec le p’tit voisin Keuveunne tout en lichant l’emblème de cette union sacrée, pour ensuite en effet sacrer le ti boutte de plastique aux vidanges, laissant les mains collantes de bave et de sucre à saveur de raisin/cerise/framboise bleue et Keuveunne le coeur brisé.

Vas-tu finir de tout manger avant de commencer ton calendrier de l’Avent?

D’abord, il faudra les trier, les bonbons. Les étendre sur la table pour que, sous prétexte de vérifier s’il y a pas un bonbon dangereux, genre un gummy bear avec un AK47 dedans, les parents puissent voir l’ampleur des dégâts. Combien de bonbons devront-ils tenter de faire disparaître en douce, ou alors en prétextant enseigner le concept d’impôt sur le revenu? Un quart? Un cinquième? Peu importe : dans les jours suivants, une quantité déraisonnable de friandises seront consommées. Et un peu moins dans les jours d’après. Et ainsi de suite toujours en diminuant, jusqu’à ce qu’il ne reste, quelque part dans un Tupperware dans le haut d’une armoire, qu’un triste assortiment de bonbons rejetés, de jujubes rendus secs et d’autres sucreries auxquelles il serait temps de dire «Au revoir ween». C’est le contraire de «Allo ween».

Oui, le texte finit sur cette joke. Le rush de sucre qui nous faisait sauter sur notre lit en hurlant la toune de la Reine des neiges est passé y’a à peu près 300 mots, là on est en train de crasher.

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