Puttin’ (fudge) su’ un Ritz

On n’avait même pas encore fini de trier les bonbons pour y trouver d’éventuelles lames de rasoir cachées dans des tires Sainte-Catherine, ou des bonbons lousses empoisonnés au LSD de cannabis au Fentanyl par des gens mal intentionnés dont on entend parler à chaque année mais qu’on n’a jamais vus, qu’elle tentait déjà son retour. La torieuse.

Il fallait s’y attendre. Voilà déjà quelques semaines qu’elle attendait patiemment son tour, cachée dans l’ombre de la citrouille, aiguisant ses armes (une canne en bonbon et un gâteau aux fruits), prête à frapper dès que le chemin serait libre. Et, comme de fait, sitôt le 31 octobre passé, bataclaw boum pow, elle a fracassé la porte en s’écriant «C’EST MOÉ, LA MAGIE DE NOËL, PIS CHUS DE RETOUR, BIATCH!».

Sortez vos calendriers de l’avent-avec-un-e-on-sait-pas-pourquoi et vos lumières que soudainement y’en a la moitié qui marche pas pis ça non plus on sait pas pourquoi, car le temps le plus magique de l’année est arrivé dans les Dolloramas.

Un 10 novembre, es-tu sûr de ça?
– Caroline, encore comatose sur le glucose de la Toussaint

Yup. Pis t’es même en retard.
– Mathieu, qui tente de strapper un sapin naturel sur un Bixi pour faire Pointe-aux-Trembles/Hochelaga

Bientôt, Éric Duhaime va tweeter «Joyeux NOËL» et prétendra qu’il est le premier politicien à le faire depuis Maurice Duplessis parce qu’on ne peut plus rien dire, surtout pas le mot-en-N («Noël», pas l’autre mot), à cause des wokistes qui veulent effacer notre bel héritage catholique.

Le Parti Conservateur est le seul parti qui est prêt à se battre pour qu’un père Noël pas vacciné et la barbe ne couvrant pas le nez puisse passer 300 enfants par jour sur ses genoux à côté d’un food court de centre d’achat. Non à la dictature sanitaire! Oui aux employés de fast food qui se lavent pas les mains après avoir fait pipi parce que LIBERTÉ!
– Éric Duhaime

Dans les épiceries, les bûches des fêtes-qu’on-n’a-pas-vraiment-changé-de-nom-à-cause-de-la-musulmanie sont back comme Arnold, et on se demande sérieusement qui achète sa bûche un mois et demi en avance sauf ceux qui aiment gratter la glace sur le top de la crème glacée pour s’en faire un granité.

On trouve également sur les rayons quelques nouveautés comme ces Sour Patch Kids en forme de morceaux de charbon, ce qui est vraiment un cadeau de marde à faire à ton enfant écoanxieux qui, même s’il a 11 ans, sait déjà que tant que la Chine et les États-Unis continuent à brûler du vrai charbon, on est fucked.

On attend avec impatience la sortie des jujubes à saveur d’énergies fossiles et le Pepsi Bleu «hausse du niveau des océans».

Parmi les autres nouveautés qu’on trouve sur les étagères cette année, il y a les…

RITZ FUDGE COVERED ENROBÉS DE FUDGE série limitée

Créé durant la Grande Dépression (à ne pas confondre avec la Moyenne dépression de quand tu regardes le soleil se coucher à 4 heures de l’après-midi, ou la Petite dépression, de quand tu finis prématurément le rouleau de pq mais que t’as pas le bras assez long pour le changer), le craquelin Ritz a traversé les époques grâce à son air de petit biscuit fancy. On l’achète à l’épicerie, entre les Melba et les biscuits soda, mais, sans doute à cause du nom, on se sent quand même comme des aristocrates avec un monocle quand on se permet un (ou vingt-cinq en ligne) de ces petits ronds bien salés.

C’est clair que si c’était des craquelins Best Western, ou des biscuits Motel Chez Raymond sur le bord de la 40 avec des siestes à 45 piasses, le feeling d’opulence serait moins là.
– Mathieu

Pour Noël 2020, sans doute complètement décrissé par une année de COVID, Christie (le monsieur, pas le juron) l’avait échappé solide en proposant des Ritz au… eggnog. C’est gentil, mais on va s’en tenir aux biscuits Breton à la crème de menthe, merci beaucoup.

Cette année, il propose plutôt de nous tremper le biscuit dans le fudge. Yé?

I don’t want Melba for Christmas
There is just one Ritz I need
I don’t care about the biscottes
Dans l’allée des p’tis beussecuits
I just want you enrobé
More than you could ever eat
Make my fudge come true
All I want for craquelin is you
– Mariah Dents Carieys

Ah shit Mathieu, je t’avais dit de barrer la porte, elle a réussi à entrer!
– Caroline, toujours pas prête un 10 novembre

Je m’excuse, j’étais occupé à essayer de couper le chemin à Marc Hervieux!
– Mathieu, pris dans un combat à mains nues avec un ténor, et pas de l’humour

PRÉPARATION ET PRÉSENTATION SUGGÉRÉE

On présume qu’on doit simplement ouvrir la boîte sans tout scratcher notre vernis, retirer l’emballage, popper le sac et manger un biscuit. Mais… mais qu’y a-t-il au verso de cette boîte? Serait-ce… une recette?

Ah ben bout d’viarge de saint-crème du jériboire du bon p’tit Jésus de plâtre : on vient de trouver en christie ce qu’on va servir comme dessert au réveillon c’t’année! On s’est privés l’an dernier à cause qu’on pouvait pas légalement être en gang à tousser au-dessus du pain sandwich en lichant la même tite hache en plastique, faque cette année, on va s’donner pour la peine! Une tarte au chocolat à TROIS couches de Ritz, c’pas rien, ça.

Ça va te prendre 23 biscuits. Pas 25, parce que tu trouverais ça concept que ce soit 25 parce que tsé, NOWEL. Non. 23. Pas un de plus, pas un de moins sinon ta tarte va être ratée. Ça te prend aussi six de ces fameuses délicieuses fraises de décembre, dans toute leur saveurosité. Tu n’en trouves pas? Pas grave. Tu peux les remplacer par des morceaux de chtirofoagne.

Quossé ça goûte? Et est-ce qu’on a fait la recette ou le plus loin qu’on est allés dans le trois couches, c’est d’essayer de manger trois biscuits d’un seul coup après avoir mis un top coat sur nos deux couches de vernis comme de véritables top modèles? On vous dit ça tout de suite après la…

PAUSE PUBLICITAIRE CHOCOLATÉE

Si on le pouvait, on recouvrirait chacun.e de nos abonné.es Patreon de chocolat belge de la plus grande qualité. Mais on le fera pas, de un parce que ça beurre en chien, et de deux parce qu’iels sont déjà tellement sweet de nous soutenir que plus sweet que ça, tu lèves le coeur!

En te joignant à nos mécènes d’aussi grande qualité (y’a clairement pas d’huile de palme dedans), tu auras droit à :

  • Une infolettre mensuelle, sorte de trail mix de culture, avec des recommandations de lectures, de films, de séries et d’articles à déguster;
  • Une infolettre t’avertissant 24 heures à l’avance qu’un nouveau texte est en ligne, si tu veux te lever la nuit pour nous lire pendant que tout le monde dort;
  • Un groupe Facebook secret VIP, calqué sur Mensa, où on compte mettre fin au débat à savoir si le hot-dog est oui ou non un sandwich. (Spoiler : c’est un tacos.)

Tu te dis «c’est bien beau tout ça, mais on commence à peine à se dater, je ne suis pas sûr.e encore si je veux m’engager»? Tu peux juste nous offrir un café sur Buy me a coffee pis nous ghoster après!

Et maintenant, quossagoûte?

DÉGUSTATION

Surprise! On n’a pas fait la recette.

[Tombe en bas de sa chaise]
Le public

Mais ça ne veut pas dire que le Ritz fudgé se mange sans un peu d’efforts.

Faut se dépêcher de se le swingner dans la bouche, eul’ beussecuit, parce que le mélange cacao/huile de palme/huile de palmiste (c’est quoi la différence? C’tu le gars qui cueille la palme, le palmiste, qu’on presse ensuite pour en extraire l’huile? La forêt amazonienne peut ben être dans’ schnoutte si c’est ça le concept ouache) sul’ top, ça fond vite pis après, c’est plus dur de taper une critique gastronomique quand le clavier glisse.

qwertyuiop^?
– Mathieu

Asdfghjkl;`!
– Caroline

Mais une fois qu’on l’a dans la mâche-patates, on maudit un peu notre empressement. Non seulement c’est un peu gros pour une yeule normale, mais ça fait que nos papilles sont d’abord enduites d’un fondant chocolaté gras et cheap, ce qui les ravit… pour un temps. Parce que rapidement, elles sont brutalement attaquées par le crounch salé feuilleté-mais-un-peu-moins-feuilleté-que-supposé du biscuit Ritz qui, rappelons-le pour les Mathieu à la maison, n’est PAS au fromage.

Mais c’est ORANGE!
– Mathieu

Ben oui, mes cheveux aussi sont oranges, pis le logo du NPD aussi, pis c’pas au fromage.
– Caroline, tannée de se faire licher les cheveux

Dans notre espace buccal se joue une féroce bataille : qui, du brun sucré (aussi loin du chocolat que Denis Coderre l’est d’un retour gagnant en politique) ou du salé beige mi-mou, prendra le dessus de cette bouchée? Est-ce le haut-le-coeur qui remportera la manche? Une deuxième bouchée est-elle nécessaire pour trancher? Se pourrait-il qu’on finisse un rang de l’emballage de biscuits par pur désespoir? Qui croit encore que la Caramilk a un secret? Va-t-on finir ce paragraphe un jour?

Je sais pas pour vous, mais moi le suspense me garde tellement sur le bord de ma chaise que je tiens en équilibre uniquement par ma volonté pure et le pouvoir de contraction de mon périnée.
– Caroline

VAS-TU FINIR CE BISCUIT DANS L’ALLÉGRESSE FESTIVE?

Ce biscuit goûte exactement ce qu’est la musique de Noël en novembre : une tentative semi-réussie de répandre de la joie et le miracle de la naissance de Jésus notre Seigneur dans notre orifice buccal.

J’ai beau avoir une grande gueule, y’a pas de place dedans pour le boeuf et l’âne gris par contre.
– Mathieu

Si on avait goûté ce produit en 2019, on aurait passé 2000 mots à se plaindre de comment c’est un produit de marde pis de combien on est choqués d’avoir payé deux huards et autant de caribous pour mettre ça dans nos bouches. Sauf que là, en 2021, c’est yienque genre toutte qui est de la marde, depuis presque deux ans.

Nos standards ont baissé vraiment bas, sont sur le point de rattraper le taux de satisfaction des employés de Julie Payette. Faque on regarde les rangées de biscuits en se disant «oh well, on a payé pour, aussi ben les manger», pis même si c’est techniquement pas vraiment bon, on apprend à se dire qu’au moins, c’est festif.

Ti-sifflet qui se déroule.
– Mathieu

Confettis lancés en l’air.
– Caroline

Même qu’on commence à être festifs de plus en plus tôt. Ça n’existe plus, «trop tôt pour que ce soit le temps des fêtes». On est de l’autre bord de l’Halloween? Ben Félix Navitidad et borgne année à toute votre famille.

On chasse l’ennui de novembre, pis pourquoi pas d’octobre, pis de septembre aussi tant qu’à y être, en blastant le Sainte Nuit de Marie-Michèle Desrosiers tout en étiquetant les effets scolaires de la plus vieille.

On s’éclaire la dépression saisonnière à coup de lumières rouges et vertes qui clignotent pis de père Nowel gonflable sur la pelouse pour cacher les feuilles mortes en train de pourrir qu’on n’a pas eu la motivation de ramasser.

Le temps n’est qu’une illusion, il nous projette toujours plus en avant, alors on est toujours plus près de Noël qu’on ne l’était hier ou au début de ce texte. Plus les minutes passent et plus le bonheur de la nativité semble à notre portée comme une promesse.

Si on veut starter les festivités de Noël en août, on posera nos lumières en bermudas pis that’s it. Caro se trouvera un p’tit maillot sexy de mère Noël pour le bord de la piscine et on fera notre échange de cadeaux avec nos bas de Noël suspendus au barbecue. On se servira de la boîte de biscuits Ritz pour emballer la nouvelle cassette de Nicola Ciccone.

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Une réflexion sur “Puttin’ (fudge) su’ un Ritz

  1. Vous êtes complètement fous, mais ça commence ben ma journée. Je suis de la génération des recettes Kraft « les enfants en raffolent du gâteau au beurre de peanut et mayonnaise miracle whip « 

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