Opération beurre de pinottes : attention aux allergies

*Sons de chaînes, éclairs qui flashent et musique d’orgue* Vampires! Zombies! Gars dans le métro qui porte son masque en dessous de son nez! Fantômes! Rapport d’impôts! Loup-garou! Amy Coney Barrett!

Avez-vous peur? Tant mieux, parce que c’est l’Halloween!

Le saviez-vous? L’Halloween a été inventée en 1745, par le baron Steve Von Halloween, qui venait de se faire pogner à porter une robe et beaucoup de eyeliner et a prétexté que c’était pour un party costumé. Et depuis, on célèbre ce coming out manqué en se faisant des peurs.

À Vas-tu finir, nous sommes férus de cinéma d’épouvante. On a vu les grands classiques…

C’est comme le Halloween original, mais qui se passe en 2020. Alors c’est plus épeurant.

Mais on a aussi vu des films plus récents…

You can’t get rid of the Délimaaaaaaaaaaaaaa!

… et avec un message plus social.

Le chroniqueur dit qu’il est pas raciste, mais c’est un piège. Get out! Décâlisse!

On a même vu les classiques québécois de l’horreur.

Cauchemar sur la rue Masson

Mais aucun de ces films n’a traumatisé plus de petits Québécois que le Conte pour tous Opération beurre de pinottes.

Ou, dans son titre original : The Peanut Butter Solution. Hé oui! Ce classique québécois a été tourné en anglais. On voyait grand dans ce temps-là. Nos navets, on les faisait pour l’international. (Prononcez Hen-teur-na-chionne-hall.)

Il a été écrit et réalisé par Michael Rubbo, un documentariste australien pour qui ce premier film de fiction sans aucun kangourou était comme la première crêpe : un essai, qui s’est retrouvé à la poubelle du cinéma avant les vraies réussites, soit les deux Aventuriers du timbre perdu et Vincent et moi.

En 2020, dès qu’on mentionne Op beurre de pinn, on se fait invariablement répondre «oh mon Dieu, ce film-là m’a terrorisé quand j’étais p’tit!». C’est comme parler de The Human Centipede ou de l’épisode des Francs-Tireurs où Richard Martineau s’est mis en bedaine tellement le traumatisme semble profond.

Une fois que tes yeux ont vu ça, y peuvent pas le dévoir.

Était-ce si épeurant que ça? On a voulu vérifier. Enferme les enfants dans une cave obscure pour les protéger des images qui s’en viennent, parce que le film est entièrement sur YouTube dans sa version originale. 

Amène tes chips pis pèse su’ Play!

Le générique de la maison de production La Fête commence avec sa p’tite trompette pis, en bon xennial, on s’excite : eille, non mais c’tait-tu bon un Conte pour tous pareil? Pis là on déchante, parce qu’on se rappelle qu’on a parti le pire. Eh maudit.

Les Contes pour tous, c’est comme le Quick aux fraises : meilleur dans tes souvenirs.
– Mathieu

Je pleure encore sur La grenouille et la baleine, tu sauras. Et pas à cause du bruit de la flûte à bec de Daphné.
– Caroline

Le film s’ouvre sur Susan, la soeur du protagoniste, qui fait un savoureux smoothie avec des oeufs crus, parce que les années 80.

Susan, surnommé «Suze», a genre 12 ans mais elle a la vie, le look et l’attitude d’une mère monoparentale exaspérée de 48 ans. C’est elle qui s’occupe de tout dans la maison pendant que le bon à rien de père est dans le grenier à peindre. Où est la mère? Partie en Australie pour quelques semaines. Les réactions varient dans la famille : notre héros, Michael, prend ça comme si elle était morte et se sent obligé de nous l’annoncer en voix off d’un ton dramatique mais de pu jamais faire de narration du reste du film, pis le père chiale que ça coûte cher de billet d’avion.

Entre alors dans la cuisine Connie, le meilleur ami de Michael, qui vient raconter avec entrain et rigolade l’affaire super le fun qui lui est arrivée hier : il a vu deux itinérants mourir dans un feu. C’était super cooooool!

Avec son coat de cuir, son chapeau pis son dédain des vies humaines, Connie est le Ti-Brin du Montréal anglophone.
– Caroline

Mais, oh… moment triste (ce film est une montagne russe d’émotions!) et flashback sur une musique de piano mélancolique, parce qu’hier, Michael a justement donné cinq piasses aux deux guenilloux qui sont aujourd’hui de l’engrais à violettes africaines. Que c’est triste. AAAAAANYWAY, c’est l’heure d’aller à l’école!

Intérieur, jour, dans une classe de dessin, on rencontre le méchant du film : le Signor. Professeur d’art qui déteste l’imagination, il traumatise ses élèves en les traitant d’astie de pas bons. À la maison, le Gilbert Sicotte de 1985 prend des notes.

Surprise! Daniel Blanchette de Victoriaville est là.

Daniel n’étant pas meilleur en dessin qu’en art dramatique, Signor dessine un loup épeurant sur sa feuille, du genre qu’on attrape dans un piège à renard à ours, parce que c’est important de ne pas utiliser son imagination et de juste dessiner du vrai. 

Michael, lui, a dessiné un chien dans les flammes, ce qui devrait lui valoir une visite chez le psychothérapeute de l’école très bientôt. Signor est pas conteeeeent. 

À la maison, Edgar «The Rabbit» Fruitier, un galeriste qui aime escroquer les touristes du Vieux-Montréal, passe acheter des toiles au père de Michael, qui semble dans une passe «je suis en dépression mais je ne veux pas me l’avouer, faque je dessine des ouézos qui copulent». 

Si tu t’es exclamé «Quossé ça tabarnak?», tu avais la bonne réaction.

Comme le manque de talent semble courir dans la famille, la réaction du galeriste devant les toiles aviairo-laittes en crisse du père est, disons, mitigée. 

«J’arriverai jamais à vendre ça, même pas à des Français.»

En revenant de l’école, Michael et Connie décident d’aller voir la maison qui a récemment servi de BBQ à guenilloux, car qu’est-ce qui rime plus avec «passe-temps» que «tas de briques avec des cadavres en dessous» quand t’as 11 ans? Mais alors qu’il y entre, Michael a une grosse grosse peur. 

Il vient de voir la performance d’acteur de Daniel Blanchette de Victoriaville.

Pendant ce temps, Suze vit sa vie d’enfant à 100 milles à l’heure en faisant son budget mensuel sur une astie de grosse calculatrice, habillée en commis comptable.

Hors du cadre : pantalons bruns en fortrel, chaussures plates avec franges en cuir, bas blancs, cendrier qui aurait dû être vidé il y a 50 cigarettes de ça, avenir de célibataire.

Michael est un peu traumatisé, même s’il ne se souvient pas de ce qu’il a vu, mais tout va bien. 

Fin de l’acte 1 pour le film, début des cauchemars pour les enfants.

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On s’fait un refill de chips, pis irais-tu me chercher un p’tit verre de blanc, minou?

Le lendemain, Michael se réveille, garde les yeux fermés et marche jusqu’à la table de cuisine sans se rendre compte qu’il n’a plus de cheveux. On espère que Suze s’attendra pas à ce qu’il remarque la prochaine fois qu’elle va revenir de chez le coiffeur avec une maxi permanente.

«Ah shit, mes toasts sont brûlées! Ah pis aussi j’ai pu un criss de cheveu sur le ciboulot!»

En visite chez le médecin, car la clinique de greffe n’avait pas de place avant la semaine prochaine, Michael se fait diagnostiquer un cas de «Hairum Scarum», ce qui sonne comme de la Bullshitum Mardum.

J’avais compris qu’il était atteint de Helter Skelter, moi.
– Mathieu, très bilingue merci

Le jeune Patrick Norman tombe en complète dépression de ne pas avoir de cheveux et tapoche un solo de drum pis toute une sonate au piano en fa mineur pour nous l’exprimer, avec toute l’intensité d’un Michael Stipe de 11 ans.

Le Phil Collins des pauvres.

À l’école, Signor se fait mettre à la porte à cause de son comportement, et on apprend que la directrice n’avait jamais checké ses fausses références (tsé quand on dit que ça sert à rien dans un cv). Prends des notes, école Henri-Bourassa : pas besoin d’attendre dix ans avant de crisser un prof débile dehors.

Et c’est à ce moment-là que ça devient officiellement weird. (Avant ça, c’était juste moche.)

Pendant la nuit, Michael est visité par les fantômes des deux méchouis de sans-abris à qui il avait pitché du change alors qu’ils étaient encore crus : ils sont venus l’aider avec ses problèmes de pu d’pwel. Comme quoi c’est toujours une bonne idée d’être généreux. 

Je donne toujours mes vieilles feuilles de Bounce aux quêteux du laundromat dans l’espoir qu’ils viennent me hanter la nuit pour plier mon lavage.
– Caroline «coeur sur la main» Décoste

Ils refilent à Michael une recette pour faire pousser ses cheveux : la fameuse solution au beurre de pinottes. Et plus on y pense, moins la traduction « opération » a du sens. 

Y’avait pas d’Américains dans Le déclin de l’empire américain, et aucun Hun dans Les invasions barbares. Qu’on leur retire leurs prix!
– Mathieu, cinéphile du pied de la lettre

Mais attention, prévient la Di Stasio du cuir chevelu, dans une scène vraiment creepy pour un film qui parle de s’étendre du déjeuner su’l coco : il ne faut pas mettre trop de beurre d’arachides dans le mélange.

Nos deux Cora Déjeuner de la calvitie deviennent soudainement super méchants envers, tsé, le jeune qui leur a donné sa p’tite monnaie au lieu de les envoyer chier, pis personne comprend pourquoi.

La guenillounette explique à Michael : «Sometimes I’m nice, sometimes I’m mean», pis là on a soudainement la toune de Britney Spears dans la tête. Dans le fond, la pauvresse, tout ce qu’elle voulait, c’était hold you tight, treat you right, be with you day and night.

Quand vient le temps de faire la recette, Michael se prend pour la personne dans les commentaires de Ricardo qui remplace le quinoa par un Boeing 747, et il ajoute quelques cuillerées de beurre de pinottes.

Quossé, Michael? T’as pas été assez traumatisé par l’indigente? 

L’insouciant s’étend ça sur la caboche avec un sourire qui donne l’impression qu’on assiste à la naissance d’un futur psychopathe qui va démembrer ses victimes et leur raser la tête en leur chantant une berceuse.

C’est comme regarder G.I. Jane à l’envers.

Le lendemain matin, ses cheveux poussent super rapidement.

Il passe de ça…

à ça…

à ça…

en cinq minutes. 

Impressionné, Connie veut lui aussi essayer la recette secrète, mais pour… «down there». Il veut faire pousser l’eucalyptus de son Australie personnelle. Mettre de la tourbe sur son terrain. Faire fleurir son jardin secret.

Y veut s’en mettre su’a poche.
– Mathieu, qui ne tourne pas autour du pot de beurre de pinottes

Au retour de l’école, Michael a l’air de sortir d’un confinement de 50 mois et 3 semaines après une quatrième vague.

Réaction du père de l’année : «That’s a head of hair! Well done, son! Aweye, viens souper.» 

Le lendemain, Connie coupe les cheveux de Michael au fur et à mesure en classe, et trois professeurs menacent de démissionner parce que les ciseaux font trop de bruit. Personne ne parle des cheveux qu’on peut voir pousser à l’oeil nu, mais les ciseaux OMG! LES CISEAUX! 

Connie, qui s’était, on se le rappelle, tartiné les noisettes, est aussi dans le trouble.

Puis, on nous montre le méchant qui sourit mystérieusement pendant 3 secondes pour… nous rappeler qu’il existe? Le film sous-entend que Signor est au courant de choses que les autres ignorent, mais on ne nous dit jamais quoi, ni comment, comme si son accent italiano-franco-anglais devait nous distraire au point de ne pas poser de questions.

«Héhéhé. J’ai lu le scénario, moi. Je sais ce qui va arriver. J’ai pas plus compris mais je sais ce qui va arriver.»

Durant la nuit, Connie est réveillé par son poil de poche hyperactif. Il lui crie d’arrêter de pousser et… ça marche. Il parle alors avec une voix grave, comme s’il venait de muer… mais juste pendant deux phrases. 

Mesdames, vous essayerez ça avec vos jambes.
– Caro, qui engueule ses mollets depuis 15 minutes, en espérant ne plus jamais avoir à s’épiler pour le patriarcat

Le poil de poche le plus doux jamais vu.

Le film n’évoque ensuite plus jamais cette voix grave, pas plus que le poil de poche. Pas qu’on voulait vraiment entendre parler plus longuement de la pilosité génitale d’un préado, mais on n’aurait pas dit non à un brin plus d’explications.

Michael, lui, rêve qu’il se fait attaquer par des chiens à cause de ses trop longs cheveux, dans une scène qui ressemble au genre de choses qu’on trouve sur une VHS maléfique dans un film japonais.

Coupe-toué le ch’veux, le pouilleux!

En allant à l’école, Michael affronte le plus grand ennemi des gens avec les cheveux longs: le vent. Il se réfugie alors sous un balcon, et fait la face de quelqu’un qui écoute The Smiths.

I am the son, I am the hair, of a shyness that is criminally vulgar.

C’est alors qu’il est kidnappé par Signor. Pis là ça vire vraiment dark.

Fin de l’acte 2.

As-tu fini ton sac de chips? J’en profiterais pour hyperventiler dedans, mes traumatismes remontent

On apprend par un montage dramatique de unes de journaux (en français svp, donc probablement des propriétés de Québecor) que 20 enfants ont été kidnappés en ville. Le père de Michael pète tout dans son atelier, fou de rage et de douleur devant son portrait de Mac et moi. Mais la seule chose qu’on est capables de voir, c’est le mannequin weird avec un manteau dans le coin de la pièce.

«Ben quoi, un homme, ça a besoin de compagnie. Et depuis que ma femme est morte… hein? Elle est juste en Australie pour quelques semaines? Ben calvaire!»

Alors que notre wannabe Van Gogh est en plein crise existentielle, Michael est placé dans une espèce de sarcophage futuriste et Signor le nourrit au yogourt. 

C’était épeurant quand on était jeunes. Aujourd’hui, ça semble une vie de rêve.

Pour remonter le moral au père de Michael (ce qui est une priorité numéro un et une super bonne idée alors que la moitié de la ville se fait kidnapper), Connie et Suze partent seuls acheter un nouveau pinceau. Au magasin de matériel d’artiste sur Saint-Denis, juste au-dessus d’un café de troisième vague, Suze reconnaît juste au feeling les cheveux de son frère au bout du pire pinceau au monde. Et c’est le Signor qui les a amenés au magasin! 

Le lendemain, nos deux p’tits Columbo du Mont-Royal attendent devant le magasin, parce que ça adonne ben, Signor vient le samedi porter ses pinceaux tout croches, pis gadon, le lendemain s’adonne à être samedi. On en est pas à un arrangeage de gars des vues dans ce film-là.

Y’a clairement fait de l’over pas autorisé par le Syndicat des hommes et femmes de vues.
– Caroline, elle-même membre du SHFV

Signor a réussi à kidnapper 20 enfants en plein jour, en plein Montréal avec ce DISCRET camion rouge qui est clairement un camion de Postes Canada recouvert au airbrush dans un garage shady de l’ouest de l’île.

«Envoie donc Timmy chercher le courrier» est la dernière chose que Timmy a entendue venant de sa mère.

Le tout en portant ce DISCRET manteau en cheveux humains.

Suze, férue de films d’espions, s’était cachée derrière un magazine à potins avec les New Kids on the Block sur le back cover.

Le plan de nos deux espions pour retrouver leur frère/ami/méga touffe est de cacher Connie dans la boîte du camion pour qu’il fasse couler du sucre derrière lui, pendant que Suze pédale pour le suivre. 

Ça aurait été plus logique de verser la poche de sucre dedans la tinke du char afin d’immobiliser le Signor pour ensuite retracer les kids, mais hey, c’est pas après une heure de film qu’on va demander à ce scénario-là de se tenir.

Les badauds qui voient Suze pédaler comme une Geneviève Jeanson qui sort de chez le dealer ont probablement conscience qu’il s’agit d’une enivrante poursuite au cœur d’un montage excitant dans un film amusant, parce qu’ils la saluent et l’applaudissent comme si elle était à elle seule une parade de Noël du Macy’s.

Le tout sur… LA PREMIÈRE CHANSON EN ANGLAIS DE CÉLINE.

Pourquoi devrait-on écouter le Magic Man? Ça ne paraît pas dans le clip, mais c’est LE MÉCHANT DU FILM.

Eille non mais câline, Céline, même en ‘85, esti, ça rentrait au poste!
Abracadara, your life’s in cinerama
Listen to the magic man
A bing bang
A ding dang
And oops!
– Caroline et Mathieu, dansant en bobettes dans le salon, crissement nostalgiques de quand Céline chantait 78 % plus d’onomatopées

Pis là, ah bigne bangne ah digne dangne, le plan est déjoué par un camion-brosse qui nettoie la rue. 

VALÉRIE PLAAAAANTE!
– Suze, qui va voter pour Denis Coderre, vous pouvez être certains de ça

Connie est capturé et amené dans l’usine où travaillent des enfants. Une situation qu’on trouve inacceptable pour des pinceaux mous, mais qui ne nous dérange pas tant que ça pour nos iPhone.

Cheap child labor le jour, émules de Daniel LaRusso le soir.

On ne comprend pas trop pourquoi ils sont encore prisonniers là. On s’entend qu’à l’âge du Signor, si une vingtaine d’enfants te toussent dessus en simultané, tu te relèves yienque pas. 

Mais on a de la difficulté à écouter ce qui se dit, parce que le chien en arrière a un manteau en cheveux.

On veut un film juste avec le chien. S’il vous plaît.

Un des p’tits gars en costume de karaté rose saumon avec un gros accent montre à Connie les oeuvres que peint Signor avec ses pinceaux de pwel. Turns out que les pinceaux mous de cheveux d’enfant, ça fait des tableaux magiques dans lesquels on peut rentrer. Imagines-tu ça? On pourrait aller changer l’heure sur les montres d’une toile de Dalí, ou demander à un des clowns de Muriel Millard de nous faire un chien en balloune.

Turns out aussi que Signor est vraiment meilleur artiste que le père de Michael, tellement meilleur artiste qu’il n’a même pas besoin de son imagination, qu’il déteste rappelons-le, afin de peindre exclusivement des endroits imaginaires. Il réussit à faire des toiles imaginaires SANS imagination. Ça, c’est imaginatif.

BRB, je m’en vais me chercher 2 Advil.
– Caroline, qui a trop réfléchi

Pendant ce temps, ça chille chez la famille de Michael : le médecin qui invente des noms de maladie en latin pour flasher vient souper à la maison, parce qu’on fait tous ça, inviter son médecin à souper. On apprend au détour d’une conversation qu’Edgar «The Rabbit» Fruitier est son frère (le monde est p’tit!), pis Signor est son autre frère (ce qui explique pourquoi celui-ci a un accent italien et pas les deux autres), pis qu’il les appelle The Rabbit pis The Fox, comme une fabli di Gianni della Fontana.

Tout ce beau monde catche donc autour d’un rôti de porc que Signor a kidnappé tous les enfants et que la seule façon de le retrouver, c’est d’aller faire des menaces à Edgar Fruitier.

Celui-ci refuse de dire où se trouve son frère, parce que tsé, il a peut-être kidnappé 20 enfants et les fait travailler de force, mais c’est un artiste pis on doit séparer l’homme de l’oeuvre, comprends-tu? Faque le père de Michael le secoue comme un arbre fruitier (la pognes-tu?) pis il finit par lâcher le morceau de dedans quelle grande usine désaffectée de l’île il cache sa fabrique de pinceaux magiques de contrebande

On comprend aussi entre les lignes (ou on aurait dû comprendre mais c’était un autre bout pas clair pantoute) que le guenilloux devenu tas de cendres, qui n’avait aucun accent, était le quatrième frère des trois italo-franco-québécois pas capables d’imiter un accent crédible plus que la moitié du film.

Haaaa! Ce sont 4 frères! Voilà qui explique… absolument rien pantoute.
– Mathieu, qui essaie encore de démêler les fils du scénario, deux jours après avoir vu le film

Mathématiquement, ça devrait être deux fois plus trippant qu’un album de 2Frères, non?
– Caroline, qui a fait ses maths 436 en 1998

À l’usine, alors que les enfants dorment dans des hamacs tressés de pwel de poche, Connie se lève et nous offre une solide passe de jeu d’interprétation en faisant semblant de passer par-dessus les pièges tendus du Signor, qui ronfle pas loin.

Mission: Impossible c’est d’la marde comparé à ça.
– Tom Cruise

Il rejoint Michael, qui souffre maintenant d’un sérieux syndrome de Stockholm. S’enfuir? Pourquoi faire? Sa flore intestinale n’a jamais été aussi en forme, merci au régime de yogourt grec nature, et sa vie a maintenant un sens, alors qu’avant il ne faisait que jouer au soccer, s’ennuyer de sa mère et se faire bosser par sa control freak de soeur.

Signor réussit à attraper Connie, qu’il place dans un filet et le fait tourner tellement vite que Connie demande à Signor de l’adopter pour qu’il soit son père. On a fait le même move dans notre chaise hamac pour comprendre pourquoi on était rendus là dans le scénario. Sans succès.

Rien qu’en trempant son pinceau dans le brun (aucune métaphore coquine ici, on parle d’un pinceau et de peinture brune), Signor fait une performance de peinture interactive digne d’un croisement entre Marcel Marceau, Bob Ross et Moment Factory et tous les enfants (kidnappés, rappelons-le) trippent. 

Et là, y a de l’action! Alors on y va en rafale :

  • Signor change d’accent et passe de Petite Italie à quelque part autour de Verdun
  • À la demande de Connie, qui a un plan, il peint l’endroit où Michael a eu sa grosse peupeur
  • Signor rentre dans le tableau, voit de quoi d’épeurant (les critiques du film?) crie et se pète la yeule en déboulant le tas de briques
  • Suze trouve les traces de sucre devant l’usine abandonnée et sent le besoin de le souligner à haute voix à personne
  • On espérait que nos edibles maison kick in exactement là, en vain
  • Michael est libéré et décide d’entrer dans le tableau pour voir ce qui lui a fait peur la première fois, et possiblement se péter la yeule sur un tas de briques lui aussi
  • Il voit la guenilloutte et son mari, pis c’est ça qui lui aurait fait peur la première fois? Pourtant, si on se fie au clip de la chanson thème, la chose épeurante qu’il a vue, c’est une Céline Dion géante
  • Les cheveux de Michael arrêtent de pousser, parce que «la grosse peur a été passée à quelqu’un d’autre»

Pis là on comprend pas trop parce que c’était pas parce qu’il avait mis trop de beurre de pinottes que ça poussait de même? Et comment Connie pouvait savoir que son plan de se faire «adopter» 1) allait lui permettre de faire peindre un tableau à Signor 2) que le tableau allait passer la peupeur à Signor et 3) que ça allait arrêter la pousse des cheveux de Michael? Et parlant de Connie, qu’en est-il de son poil de poche? A-t-il passé la peur d’avoir la couille imberbe à quelqu’un d’autre, ou il fallait juste crier après ses gosses pour que ça arrête? Pis dans ce cas, pourquoi il a pas juste hurlé après Michael, chose que ça nous démangeait de faire depuis le début? Et comment ça Signor savait que les cheveux de Michael feraient des pinceaux magiques? Est-ce qu’il a découvert ça par accident, et son plan de départ c’était de kidnapper un enfant pour faire des pinceaux ordinaires? C’est intense en astifie, kidnapper un enfant pour faire du pouèle à pinceaux. Pourquoi on dirait qu’on est partis en production avec ce film-là avant même d’avoir fini de lire le scénario?

Pis pendant qu’on se posait toutes ces questions qui auraient dues être posées avant que Téléfilm Canada signe un chèque, Signor is back, ou plutôt Eisenberg dans Breaking Bad.

Tout ce beau monde est sauvé coooooooomme par hasard par le père de Michael qui tente une très peu menaçante passe de kung-fu et par deux policiers très enclins à accepter la demande de Signor d’amener son chien avec lui en prison, considérant que tsé, il a kidnappé et séquestré 20 enfants pendant Dieu sait combien de temps.

Comme Monsieur Miyagi n’était pas disponible, il a pris des cours de karaté avec son ami Jean-Guy.

La mère de Michael finit par se pointer, tout comme la toune de Céline pis le générique.

Ouf.

Vas-tu finir ton film fucké?

Opération beurre de pinottes, c’est bizarre. Mais est-ce épeurant?

Si la réalisation un peu molle et les scénarios pleins de trous te font peur, tu viens de trouver ton film d’horreur! Mais les enfants des années 1980 ont maintenant vieilli, et ce qui leur faisait peur à l’époque semble aujourd’hui bien tranquille. Des cheveux qui poussent? Give me a break, je risque de mourir à chaque fois que je vais à l’épicerie!

Quant aux artisans du film, ils sont toujours actifs. On a pu voir l’acteur qui joue le père récemment dans… Sonic the Hedgehog. (Trouve-toi un meilleur agent, man.) Michael a été figurant dans Little Women et Connie, lui, a joué dans le vieux Degrassi puis est devenu assistant réalisateur numéro 3 sur Pacific Rim. La dernière fois qu’on a vu Edgar Fruitier, c’était en une du Devoir.

Tu viens de lire un texte de 5000 mots. Bravo !

***

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