Les Chefs 2019, épisode 2: dans le porc d’Amsterdam

Chaque semaine de façon systématique et un peu gossante, comme un Publisac ou un représentant de Bell qui veut te ploguer sur Fibe-pas-de-r, Mathieu et Caroline sont de retour sur le clavier d’ordinateur pour rire de gens qui cuisinent mieux qu’eux, le cul dans leur divan devant Les Chefs!

Le premier cochon avait construit sa maison en espuma. Le deuxième l’avait faite sous vide, mais c’était inutile. Le troisième, plus prévoyant, avait respecté le produit.

Pouvez-vous nommer la personne éliminée la semaine dernière? Nous non plus. (En admettant que la réponse est non. Si la réponse est oui, alors bravo, voilà une médaille, astheure sacrez-nous patience.) On a envie de dire… hum… Isabell ? Sylvi? Gwendolin? On se souvient juste qu’il manquait une lettre à la fin de son prénom. Bye, Berth!

Une nouvelle semaine, un nouveau concurrent éliminé. En bons ex-ados grunge qui aiment voir le mauvais côté des choses, on trippe à savoir qui fera sa valise ce soir. On vit pour le thrill d’une face déçue dans le générique de fin.

QU’ON NOUS APPORTE UN NOUVEL AGNEAU SACRIFICIEL !

Ou une longe de porc. On n’est pas regardants sur le sacrifice.

LE DÉFI

« Quand on est deux, ça va deux fois mieux », chantaient Passe-Partout et sa cousine moins connue, Passe-Oire. Est-ce vrai? C’est ce qu’on va découvrir puisque les concurrents devront travailler en duo, comme l’ont fait avant eux avec succès Sonny and Cher, Bonnie and Clyde et Black and Decker.

On nous compare souvent aux Simon and Garfunkel de la critique culinaire.
– Mathieu

Mais personne ne veut dire lequel des deux est Garfunkel.
– Caroline

À quatre mains et quinze tattoos, ils devront cuisiner leur légume préféré : du bacon.

On va se le dire, pour une fois, ça va faire du bien de parler de gros cochon sans référer à un Marcel ou un Gilbert.
– Caroline, qui ose donner des noms

Ou un Éric, un Gérard ou un Louis.
– Mathieu, qui ne se gêne pas non plus

James, Woody, Kevin, Neil…
– Caroline, qui continue

… Harvey, Roman, R. Kelly, Bill…
– Mathieu, qui en a gros su’l coeur aussi

(Deux heures plus tard)

… Gerry, ou un crisse de gros Donald.
– Caroline, épuisée

Ouaip.
– Mathieu, à bout de souffle

Daniel explique à sa brigade à quel point le porc est un aliment polyvalent : on peut en faire une entrée (canapés au bacon), un plat principal (un rôti de porc au porc et au bacon) ou un dessert (brownies au foie de porc et au bacon).

Le porc se sert autant avec des fruits qu’avec des légumes, comme le prouve la célèbre croustade de porc de la grand-mère Vézina.

Episode-2-Snif-Bacon

Bacon numéro 5, par Channel.

Leur entrée devra mettre en valeur le bacon, mais ne doit pas être une salade, car il y a pénurie de laitue sans E. coli dans le frigo du studio. Mais de toute façon, pourquoi tu cuisinerais des légumes quand tu as… DU BACOOOOOON ! WOuhOuH ! BaaaAaacOn !

C’est comme ça qu’on fait sur Internet, quand quelqu’un dit bacon? On l’a eu?
– Mathieu, encore sur le buzz de son lundi sans viande

Pour gagner, en plus d’arroser un tas de boyaux de tite sauce VH, il faudra que les concurrents communiquent bien. Les juges insistent beaucoup sur l’importance de la communication et donnent d’excellents conseils à cet effet, qui valent aussi pour les chicanes de couple, comme «il faut pas avoir peur de dire non si t’es pas à l’aise avec ce que l’autre te propose» (Pasquale). On a pris des notes.

L’important, c’est de ne pas se coucher fâché.
Surtout que c’est pas le temps de dormir.
– Pasquale

Il faut parler au je, par exemple «je trouve que ton plat goûte le cul».
– Normand

Il faut exprimer clairement ses besoins et ses attentes, comme «j’ai besoin que tu me laisses décider et je m’attends à gagner tu-seul».
– Jean-Luc

Les juges n’ont toutefois pas souligné l’importance de se calmer la masculinité toxique en traitant sa partenaire de «petite», comme dans «j’y fais confiance à la p’tite», mais nous on va le faire.

Le secret pour éviter de passer pour un douchebag à la télé d’État, c’est de laisser tomber le p’tit paternalisme cheap. De rien, mon ami!
– Caroline et Mathieu, services publics

Episode-2-clin-de-moustache

Un clin de moustache. Ça fait jambon, c’est dans le thème.

Nos dynamiques duos ont maintenant quelques minutes accordées par pôpa Daniel pour faire leur plan de travail. Si on se fie à nos travaux d’université, c’est le moment de décider qui va se taper toute la job parce qu’il a la meilleure moyenne à date.

Chloé a la «bonne» idée de crier «On fait de l’espuma de bacon!» et, à travers le Québec, un gigantesque BINGO retentit dans les chaumières, assez fort pour causer une avalanche au mont Saint-Bruno.

Deux candidats s’ostinent à savoir qui proposera le plan de travail le plus ambitieux : l’une veut faire une réplique du nouveau pont Champlain en petites côtelettes, alors que l’autre songe à tailler le visage de Sainte-Élyse dans le bacon. «Ooooh, on n’aura pas le temps!» s’exclame l’aspirante chef devenue médium à temps partiel et jamais des mots aussi vrais et prophétiques n’auront été prononcés dans la cuisine.

Juge Jean-Luc a alors ce fin trait d’esprit :

Juge Jean-Luc a passé l’été dernier au camp de jour de l’École de l’humour et tient à tester son nouveau matériel ce soir.

Episode-2-Lolilol

Lolilol.

Ce qu’on s’amuse, jusqu’à ce que débarque…

LA RATOURE DE TWIST

Les juges, qui aiment mieux faire suer les concurrents que de manger de quoi de bon, se font livrer un container de ratoure, façon Marquis, via la face d’Élyse, tout heureuse de niaiser le monde pour la première fois de la saison.

Les chefs vont devoir travailler à relais, pour la meilleure sorte de travail d’équipe : celui qu’on fait sans se faire chier avec l’autre.

Aspirants chefs, il reste une minute avant que votre coéquipier ne vienne scraper votre concept!
– Daniel

« Ça nous arrive à chaque jour dans les cuisines », explique le juge Boulay. On se demandait ce que faisaient Élyse et sa face entre les saisons des Chefs? Semblerait qu’elle fait le tour des cuisines du Québec en poussant un p’tit chariot pour dire « Arrêtez tout, j’ai une annonce à vous faire ! ». Cré Élyse!

Pendant que la moitié de duo se fait suer devant les fourneaux, l’autre moitié est occupée à faire des ronds de sueur sur le divan du lounge, où on fait tout sauf lounger. La moitié en break syndical crie devant la tévé, se fait 3-4 paume-faces en voyant leur coéquipier faire exactement le contraire de ce qu’eux auraient fait et compte minutieusement les secondes où ça sera à leur tour de se crisser du plan de travail. Bref, des belles-mères en pleine action.

Alex n’a pas l’air dans son assiette.

PAUSE «LE PORC N’EST PAS AU FOUR»

Parlant de crier devant la tévé, nos trois amigos de la jugeation auront bientôt besoin d’une côtelette de porc sauce Valium, à force de paniquer devant Sandra qui ne met pas sa longe dans le four, et qui ne l’a pas encore mis, et toujours pas.

Pis là?

Toujours pas dans le four.

Sandra regarde sa longe, regarde le four, regarde sa longe, brasse autre chose.

Tout l’épisode, d’une durée spéciale de 3h30, est centré autour du fait qu’elle a toujours pas crissé son porc au four.

J’ai assez hâte au director’s cut, où on voit Sandra ne pas mettre sa longe au four!
– Caroline la cinéphile

J’ai commandé l’édition Criterion 4 disques, y’a 5 heures de bonus, avec la caméra dans le four où y’a pas la longe!
– Mathieu, tout excité

On vous vole un punch : Sandra finit par comprendre qu’empoisonner les juges à la trichinellose n’aidera pas son équipe à gagner et décide qu’une longe au four vaut mieux que deux tu digéreras.

RETOUR AU PROGRAMME PRINCIPAL, MAINTENANT QUE LE PORC EST AU FOUR

Vous voulez mettre les juges en beau joualvert? Criffez du beurre n’importe comment dans une poêle et regardez-les faire une crise de coeur, et pas à cause du cholestérol.

On se relaie une autre fois et on se fait des high fives graisseux avant d’aller soit rien faire su’l gros stress dans un sectionnel en rabais chez Brick, soit tenter de finir de cuire ce qui est loin d’être cuit, et ce, de la façon non recommandée par personne.

David-Jonathan, en direct de son rond de sueur en coulisse, doute de son coéquipier. Un peu. Pas mal.

Episode-2-Whaaaat

Y’en a qui ont une resting bitch face. DJ, lui, a une resting «c’est clair que je m’en vais au duel, bout d’viarge» face.

À 20 minutes de la fin, l’un des carrés de porc n’est toujours pas cuit. Eut-il été en triangle ou en cône, ça aurait pu aller, mais en carré, ça fait quatre coins à cuire et le temps va clairement manquer.

Normand est déçu, car le carré n’est pas bien mâchouillé. Next time, on lui passera au blender.

Quelques minutes avant la fin, Sandra se souvient qu’elle a rangé sa longe de porc dans le four et la ressort, sous les applaudissements des juges et de toute l’équipe technique sur le plateau.

Episode-2-sploush

Quelqu’un était un peu trop excité de voir du bacon.

C’est le temps de manger! (Pour les juges. Toé, tu sèches.) On en profite pour féliciter le perchiste perfectionniste, qui tient à ce qu’on entende chaque mastication de chaque juge le plus clairement possible. En surround sound de cinéma maison, c’est carrément comme si on était dans la bouche de Pasquale. Une expérience immersive!

LES GAGNANTS ET LES PERDANTS (BEAUCOUP DE PERDANTS)

Pierre-Alexandre et Julien remportent les honneurs ce soir, grâce à leur objectif commun : ne pas être éliminés. Le genre d’objectif de dépassement qui te crinque une chambre de joueurs de hockey à peu près autant qu’un petit Jimmy qui se lève de sa chaise roulante. Les juges ont été séduits par leurs déclinaisons de carottes (rondes, tubulaires, cylindriques, courbes, circulaires, orbiculaires et sphériques).

Pierre-Alexandre est sacré « champion du dressage » par les juges, impressionnés qu’il ait appris à son morceau de porc à faire le mort.

C’est une bonne chose qu’on ne soit qu’au deuxième épisode et qu’on ne se soit pas encore attachés à personne, parce qu’il y a beaucoup de perdants ce soir.

Dans le clan des pas bons, on trouve Sandra Lalonge et Alex Dufour, David-Jonathan et Maxim-pas-de-e, et Patrick et Mark.

Mark avait pourtant gagné la partie, la semaine dernière. Il fait donc ici un Dion-Goldman inversé nous permettant de chanter « les premiers seront les derniers, dans notre télé-réalité ».

VAS-TU FINIR TON DUEL?

Deux d’entre vous devront paqueter leur brosse à dents et leur mini bouteille de shampoing et prendre la porte du studio, la deuxième à droite après le container à déchets où sont vos rêves de succès.
‒ Élyse Marquis

Parce que le Québec a pas juste ça à faire, attendre que tout le monde parte les uns après les autres, deux concurrents vont quitter cette semaine. Pour rester, ils devront cuisiner le meilleur risotto aux légumes verts. Ce plat relax du vendredi soir, qui se brasse en une heure en sifflant une demi-bouteille de chardonnay tout en écoutant du jazz, devient grâce au double duel une façon instantanée de te donner de la haute pression.

Sous la pression, c’est le paf paf paf pis le boum diguiboum digui.
– Le Patrick

Hein ? De kessé ?
– Le Québec

Episode-2-boumdigui

Quand les Blancs s’essaient au rap.

Dans la salle adjacente au duel, tout le monde a son opinion sur la température des ronds de poêle (chauds? pas chauds? mettrais-tu ta main dessus?), oubliant que s’ils ne sont pas en duel, c’est bien juste parce qu’ils sont encore 48 concurrents et qu’on les confond tous un peu.

Ne sachant pas ce que les juges voulaient avec les légumes verts, David-Jonathan a emprunté un truc du livre de cuisine de Stevie Wonder et il y est allé à l’aveugle. Bien mal lui en prit, car il devra quitter la brigade. Patrick fera de même avec son risotto pris de rigor mortis, pour un total de trois prénoms éliminés d’un seul coup. Il est trisse, mais visiblement soulagé de s’en aller. Le Québec, lui, est surtout soulagé et pas vraiment trisse.

Mark explique philosophiquement sa non-élimination en disant « il faut garder focusse ».

Il parle sans doute du grand chef français Paul Focusse.
– Mathieu

Telle une carte de souhaits de bonne retraite dans un 5 à 7 du gouvernement, les perdants ont droit à un « bonne continuité dans votre carrière ».

LE DANTELIER

L’atelier, c’est le moment où Chef Vez fait en 5 minutes ce que les chefs ont eu de la misère à faire en 1 heure et demie.
– Dany Lefebvre, sur Twitter (ton chèque de visibilité est dans la malle, Dany)

TamdeliDan Tamtamdeli Vézina, qui n’a pas une torpinouche de seconde à perdre, montre maintenant aux aspirants désespérés comment faire one shot en one pot une sauce qu’il facture le double du prix à son resto. Les candidats sont médusés d’apprendre qu’ils ont le droit de tricher avec un Bovril fennecé.

LA SEMAINE PROCHAINE

On joue au tablier maléfique, et la ratoure d’Élyse se fait encore aller la Marquis. C’est un rendez-vous !

Pour être informé chaque fois qu’un nouveau texte débarque ici, inscrivez-vous à notre infolettre ou passez sur notre page Facebook. C’est aussi gratuit et délicieux qu’une dégustation de mini soucisses à l’épicerie.←

→Mathieu et Caroline sont à vendre! Engagez-les pour écrire des articles sur votre site web, des chroniques dans votre magazine ou des discours de funérailles funky.

 

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s