Les chefs 2018, la finale : Les derniers seront les premiers (à quitter la brigade)

D’habitude, Caroline Décoste et Mathieu Charlebois goûtent pour vous à des produits d’épicerie. Ce printemps, ils écoutent plutôt la recette des Chefs dans sa version 2018, sans hormones de croissance ni antibiotiques et avec des aspirants-chefs élevés en liberté.

Sortez les tuxedos, les robes de bal et les monocles haut-de-forme parce que ce soir, c’est soir de gala, c’est soir de grande finale.

Déjà? Oui belle face d’Élyse, c’est déjà la fin de ton règne de la ratoure pour 2018.

Et ça commence…

Waittamenute, Élyse dit même pas ça! On est tout fourrés! Prise deux!

La compétition prend fin…

«Hello, captain speaking, bonjour mon nom est Élyse et je serai votre pilote ce soir.»

Trêve d’estifi de niaisage, on rentre dans le vif du sujet comme un doigt dans une mandoline : Andrée-Ann, Antoine et Laurent se font face ce soir (des fois de dos pour aller chercher de quoi dans le frigo) pis comme Andrée-Ann n’a pas de bandana, c’est à Laurent qu’on s’est attachés durant toute la saison. GO MON LAULAU GO!

Même au bout de dix épisodes, les juges échouent encore à l’épreuve du hochement synchronisé.

Cette année, un candidat aura fait son épicerie pour rien, car il dira «babaille tout le monde» après le service des entrées, l’équivalent de planter là sa date Tinder après le panier de pain gratuit.

Tout le monde peut gagner ce soir, tout le monde avec au moins ⅓ des chances de partir avant la fin + ensuite un ratio de 2 plats restants moins le quotient des deux entrées divisé par la baboune de Pasquale. «J’ai des chances, les deux autres aussi ont des chances, tout le monde a des chances», expose un Laurent au sommet de sa forme mathématique.

Premier et deuxième services

L’un de vous devra quitter la brigade, aller s’assoir dans le coin du studio et réapparaître à la fin en faisant semblant d’être content que ce soit l’autre qui gagne.
– Élyse Marquis

Les concurrents restants (concurrestants?) devront s’inspirer de leurs souvenirs et de leur jeunesse pour créer leur menu gastronomique gagnant. Comme la cuisine de notre enfance à nous était plus gastro que nomique, on espère qu’ils auront de meilleurs souvenirs que les nôtres, sinon ça risque de finir en Paris Pâté de foie gras, Alpha-getti aux tomates San Marzano et sorbet au Quik aux fraises. Pas pire, mais pas yâble.

Ça s’active en cuisine autant qu’à un concert du Piknic Électronik commandité par Red Bull pis un pusher de speed. Les candidats ne prennent des pauses de préparation que pour nous expliquer leur menu en long, large, sur la diagonale pis en 3D avec des lunettes qui donnent mal au coeur.

Les constats au dévoilement des menus :

1) Antoine a des souvenirs avec des ingrédients fancy et a passé tout le budget d’épicerie dans ses plats (ahhhhhhhh les fleurs de tagète de notre enfance, que nous dévorions avec appétit avant de nous attaquer, enhardis, à la main fourchette et couteau afin de dépecer le pigeonneau!);

2) Andrée-Ann va nous faire des tortellinis, probablement en souvenir du Chef Boyardee qu’elle mangeait au dîner;

3) On aimerait ça que Laurent gagne. Oups! Ben non. On n’a pas dit ça encore. On est neutres comme de l’huile de canola dans tout ça.

Je sais pas ce que goûte la cuisine de Laurent. Mais son fun, j’en prendrais un 5 services.
– Mathieu, avec sa petite main en mousse «Number one fan»

Laurent, s’il te plaît, danse, fais des faces, fais des stepettes et aie du plaisir.
D’avance, merci.
– Caroline, responsable des gifs

Après la pause : TOUTTE PREND LE CHAMP, Y’A PU RIEN QUI MARCHE PIS LE STUDIO POGNE EN FEU. HAAAAAAAAAA!
Restez des nôtres.

Pause pub

Trois pubs de commanditaires, un rosé cheap qui vit dans la nuit pis c’est d’même qu’il veut faire ça, trois autres pubs de commanditaires.

Retour de la pause pub

Andrée-Ann, dans le pur respect de la recette ancestrale du cocktail de crevettes, fait trop cuire ses crevettes, ce qui fait sortir juge Laprise de la torpeur dans laquelle il était plongé depuis le début de la saison. Pauvre lui. Il ne dormira pas de l’été.

Des crevettes trop cuites, ou l’électrochoc dont avaient besoin les sourcils de Normand.

Laurent, lui, sort l’artillerie lourde dans l’espoir d’impressionner les juges, ou du moins d’intimider les deux autres concurrents. Y’a rien qui dit plus «tassez-vous les perdants» qu’un steak de viande sauvage au lance-flamme.

Notre mère aussi passait ses boulettes de steak haché à la torche de soudeur.

Antoine, fancy AF, met l’équivalent d’un Centre jardin Hamel sur le top de son entrée froide et les juges se pâment. V’là le budget de la saison prochaine parti en boutures. Vraiment, Tony, tu n’as pas grandi en pleine austérité!

Coach Daniel, lui, est fier comme un papa paon de ses bébés paons (des paonneaux?) qui ont bien suivi ses consignes, comme de respecter le produit, boire de la bière après chaque épisode et le très populaire «il reste 5 minutes tout le monde».

En coulisse, Daniel montre à Élyse ce qu’il a appris à son dernier cours de cardio latin.

Mais depuis le teaser d’avant la publicité, on n’attend tous qu’une seule chose : pis, est-tu en feu, là, la cuillère?

Non.

Pis là?

Nope.

Pis là?

ENFIN!

Un grand moment de télé qu’on vit là.

C’est supposé nous mettre sur le gros nerf, alors que le responsable de la musique stressante a embauché un immense orchestre à cordes allemand dont la seule tâche est de jouer en boucle une seule note, le «iiiiiiiiiih iiiiiiiiiih iiiiiiiiiih iiiiiiiiiih iiiiiiiiiih» en pizzicato, mais en rétrospective, on trouve ça assez relaxant, le feu de cuillère avec le bouillonnement de l’eau en arrière-plan. Bientôt sur une télé du temps des fêtes! #slowliving

Élyse fait le même bruit qu’une notification dans ICQ.

Quelqu’un oublie de mettre quelque chose dans quelque chose et notre triumvirat de la moue sort sa lippe des grands jours. Juge Laprise s’exclame sur le ton de l’évidence : «Il faudrait mettre des herbes dures!» et chacun dans son salon fait mine de comprendre mais ira googler ça en allant aux toilettes à la pause.

Pasquale a sorti sa baboune d’apparat.

Petit détail qu’auront remarqué les plus attentifs mostrophiles à l’écoute : les trois horloges sur le mur à côté des juges donnent trois heures différentes. Que s’est-il passé? Notre théorie : Clément a mis la première à l’heure, a pas réussi à ajuster la deuxième et a crissé son camp avant la troisième.

Vas-tu finir tes deux premiers services?

Si t’es une fille, non.

Sa cuisine était simple, et on était presque surpris de ne pas la voir réinventer le grilled cheese au Velveeta pour cette finale. Sans user de mille artifices, elle a réussi à se rendre jusqu’à la finale, alors que plusieurs qui tentaient de flasher ont pogné le chemin du bac de compost.

Bye, Andrée-Ann. Ça aura été un plaisir de se demander pendant neuf textes de temps où va le e dans ton nom.

Éliminée, Andrée-Ann s’est installée seule dans le coin du studio pour manger les peaux de poulet d’Antoine directement sur la plaque, avec ses doigts, en pleurant.

Le repas principal

Élyse aimerait bien savoir qui était en avance lors de la ronde précédente, mais les juges ont juré de garder les délibérations secrètes comme la recette d’épices de toé pis de ton Club House, faque tu le sauras pas, ma Élyse.

L’impératrice Élyse De La Ratoure Première s’est fait prendre à son propre jeu.

Ça passe en deuxième vitesse en cuisine, un peu comme le pigeonneau hatchback que nous prépare Antoine.

«Quand j’étais itinérant et que je vivais sous un pont, je mangeais souvent du pigeon.»
– Antoine, racontant la genèse de son plat

Ouaip. C’est bien un chaudron.

Du côté de Laurent, un fol quiproquo se déroule devant nos yeux, digne d’un vaudeville écrit par deux dropouts de l’école de l’humour. D’abord, Laulau ne trouve pas le couvercle de son chaudron. Il se sert donc d’un autre chaudron comme couvercle. Ensuite, il le trouve ledit couvercle de chaudron, mais c’est pas le bon. Finalement, il trouve le bon couvercle. Hilarité générale.

Cette finale manque tellement d’action qu’on est rendus à applaudir quand quelqu’un trouve le couvercle qui matche avec le chaudron.

Finie la rigolade, là, c’est le temps de couper des céleris sur une musique too much dramatique. Depuis le début de l’émission, on a eu droit à ben du zoom pis du PAWPOOOOOOOOOOOOOOOOW, mais la découpe du légume le plus plate sur un fond sonore d’invasion de la Pologne, ça vient topper toutte.

Juste avant que notre pacemaker nous lâche devant la torture sauvage d’une branche d’Apium graveolens L., c’est le temps de servir le plat principal et de regarder des gens qui ne sont pas nous se bourrer la yeule solide.

Y’a pas moyen de se faire livrer les restants de la finale à la maison? Non? Vraiment pas?
– Mathieu

Le dessert

Les finalistes finalisent leur plat final et en profitent pour piquer des bouchées, laissant supposer que les juges devront se contenter d’un p’tit biscuit chinois avec un message bourré de fautes dedans. Ça pige à qui mieux mieux dans le dessert, la cuillère fait des aller-retour lascifs entre l’assiette et la bouche comme si elle était Gainsbourg dans Je t’aime… moi non plus.

Antoine, affamé, se réjouit d’avoir fait cuire huit poudings chômeurs et s’en envoie au moins deux derrière le tablier, et probablement deux autres encore pendant que le caméraman ne filmait pas.

J’ai eu ouï-dire que Caroline SoupSoup Dumas avait envoyé une mise en demeure à Antoine pour plagiat de pouding chômeur.
– Caroline

J’espère que Laurent va présenter son dessert en chuchotant. Érable oblige.
– Mathieu

Laisse-en pour les autres, Tony!

Laurent, toujours aussi confiant, commence par goûter à son dessert, puis en prend une autre bouchée, puis une autre, puis enfin passe les 6 minutes restantes à licher toutes les assiettes.

Jériboire, Laulau, apprends à partager! Tu le vois ben que coach Daniel en veut.

Combien de temps faut-il à Laulau pour manger un dessert et en préparer 4 autres? Réponse : 5 minutes 48 secondes.

Il raconte avoir demandé la recette de parfait à l’érable de sa mère. Le bout qu’il ne dit pas, c’est que la fameuse recette, c’était une boîte de Betty Crocker. Chaque famille a ses secrets.

Il reste donc deux minutes à Laulau pour finir de manger son entremets et à Tony pour finir whatever affaire fennecée qu’il est en train de faire. Nous, on snacke en se rongeant les ongles de stress.

«Il vous reste deux minutes» à vivre, Élyse, À VIVRE!

Et… juste de même, c’est fini. «5.. 4… 3… 2… 1…», Élyse explose, le taïmeur sonne, les aspirants-chefs-finalistes lèvent les bras pour montrer que le déodorant a travaillé fort à souère, et c’est la fin. Place à l’empiffrage des juges. Nous, on va se chercher une deuxième portion de crottes au fromage en attendant le verdict.

Notre trio babouneur s’offre une baboune satisfaite de circonstance.

Instant de confidence

Avant même que les juges aient goûté au dessert d’Antoine, on gageait déjà qu’il allait gagné.

Pourquoi on s’est dit ça? Une fuite de la prod? Une grande gueule parmi les aspirants-chefs? Une plogue très haut placée auprès du boss de Radio-Kénéda? Que nenni : c’est le dessert qui nous l’a dit.

L’espuma (l’esti de puma!) à la crème sure de Tony est sûr de gagner. Checkez ben.

Savoir où vont les p’tits chapeaux, c’est pas facile.

Intermède boulanger

Alors que la dernière pause publicitaire débute, on aperçoit quelque chose de familier, mais étranger en même temps. Est-ce que ce serait… non… ça se peut pas… On lève alors la main à la hauteur des yeux un peu, pour cacher le haut de l’écran. Mais oui. C’est bien elle. C’est Ann-Rika, mais sans bandana.

Que t’est-il arrivé, BandanAnn-Rika? Et pourquoi essaies-tu de piquer la job de toutes les mauvaises comédiennes qui annoncent du pain?

Pendant trois minutes, on regarde Ann-Rika faire des recettes avec du pain tranché et un malaise évident, mais notre esprit ne pense qu’à une seule chose : se pourrait-il qu’elle soit menacée par un gars avec un fusil, hors-caméra? Tient-on son bandana préféré en otage?

Et avant que l’on ait pu trouver la raison derrière cette étrange performance de notre petite préférée de l’an dernier, le temps de stresser est revenu.

Hiiiiiiii!

Fin de l’intermède et retour au stress

Back from the annonce poche. Élyse et coach Daniel, qui visiblement ne sait pas quoi faire de ses bras quand ils ne sont pas en train de tenir un fouet, une spatule ou une bière de commanditaire, s’apprêtent à annoncer le gagnant. Ça fait au moins 3 minutes qu’Antoine a arrêté de respirer, il s’en vient bleu comme un steak et les paramédics sont prêts à lui faire le bouche à bouche (rappelons qu’il a un bon goût d’érable).

«Peu importe l’issue de ce soir, pour moi, vous êtes deux gagnants», dit Daniel, et poursuit avec «mais c’est quand même clair qu’y’a un de vous deux qui repartira la tête basse en loser.»

Shit de marde, on avait oublié Andrée-Ann!

Vas-tu gagner ta saison des Chefs?

Si tu es un chef auquel on s’attache parce que tu es plein de joie de vivre, de dynamisme et de bonne humeur, c’est cool pour toi : tu vas prendre la défaite avec le sourire.

Si tu es un chef qui existe et qui s’est rendu en finale : bravo. Tu t’appelles Antoine. Et tu es le gagnant des Chefs.

Élyse annonce la fin de la saison comme une fille qui sait qu’elle revient l’an prochain et pourra payer les rénos du sous-sol.

On aimerait faire mille gags sur toi, Antoine, mais tu ne nous a donné aucun matériel. Tu es passé à travers la saison en laissant le même impact qu’une galette de riz cuite sous vide avec un espuma à l’air dessus. Ta bouffe est sûrement excellente (on a léché l’écran, pour savoir, en vain), mais on s’entend que si on t’invite dans un party, ça va être comme traiteur.

Cela dit, c’est un concours de manger, pas un concours de fournir du stock à Mathieu et Caroline. On te présente donc toutes nos félicitations et on te souhaite de trouver quoi faire avec ton prix.

Episode 10 champagne wouuuuuh

Alors qu’Élyse semble avoir déjà commencé le party, Daniel est heureux comme 12 filles dans une démonstration de jouets coquins.

La semaine prochaine…

La semaine prochaine : peine, larmes, sensation de vide et légère dépression. Oui, parce que Les Chefs vont nous manquer, mais surtout parce qu’on nous diffuse des reprises de Deuxième chance.

La semaine prochaine, Marina Orsini et Patrick Lagacé partent à la recherche de Clément pour qu’il puisse pardonner aux raviolis. Ça s’annonce ardu.
– Caroline

Merci à tout le monde qui nous a lus, à ceux qui nous ont dit que ça leur faisait du bien, à ceux qui nous ont arrêtés dans la rue pour nous dire qu’on était drôles, à ceux qui ont loué l’appartement en face de nos maisons pour pouvoir nous espionner, bref : merci à tous les fans.

Merci à Élyse d’avoir une face, et à tous les participants qui sont passés sur notre page Facebook pour nous dire que c’était correct qu’on ait rit d’eux. Avoir su, on se serait pas retenus.

On aura vraiment niaisé Clément jusqu’à la toute fin.
– Mathieu

Ouaip. On est pas des lâcheux.
– Caroline

… nous.
– Mathieu

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