#42 – Les Chefs, la finale : cliquez ici pour savoir quelle fille a gagné

D’habitude, Caroline Décoste et Mathieu Charlebois goûtent pour vous à des produits d’épicerie. Cet été, ils écoutent plutôt le retour de Les Chefs dans sa nouvelle vieille formule réchauffée.

***

Ils étaient 10 au départ, ils ne sont plus que 3 quelques semaines plus tard. Non, ce n’est pas l’entourage de Donald Trump, mais bien la brigade de l’émission Les Chefs.

Et ce soir, deux des trois aspirants-chefs qui restent se transformeront en expirants-chefs.

On s’est aimé comme on se quitte, Les Chefs : tout simplement, en tweetant compulsivement pendant une heure de stress intense entrecoupée d’oasis de paix appelées «la face d’Élyse». Es-tu prêt pour une dernière séance? On espère parce que…

LA COMPÉTITION PREND FIN…

ATABOY ON SE PEUT PU.

Dès le début, LE STRESS EST À SON COMBLE, comme l’indique l’usage de majuscules. C’est l’heure de vérité et l’épouse de Romain n’a toujours pas accouché. Va-t-il devoir quitter en plein milieu d’une meringue pour aller mettre un cordon ombilical dans le sous-vide? STRESS!

Nos concurrents ont cinq heures pour préparer deux entrées, un plat principal et un dessert. Pour parler en termes que le commun des mortels peut comprendre : 5 heures, c’est à peu près 75 dîners Michelina’s au micro-ondes. Ou 60 si t’es du genre à les chauffer un p’tit peu trop parce que t’aimes les bouts de pâtes brûlés dans les coins. (On te juge pas. Paraît que juge Boulay fait ça.)

Une fois l’entrée dégustée, le candidat qui aura «le moins bien réussi», pour utiliser le gentil euphémisme de l’émission, sera disqualifié. Ouch.

C’est comme dans la vraie vie. Moi, quand les entrées sont pas bonnes, je flippe la table, claque la porte et met le feu au resto.
– Mathieu, client intense

Tout de suite, Ann-Rika se rappelle du célèbre dicton «No pain pumpernickel, No gain pumpernickel» et met la main à la pâte à pain. «C’est très osé», dira juge Jean-Luc, qu’on ne savait pas si facilement excité par le gluten.

Laurent, lui, confond les juges avec son intention de faire une «béchamel brûlée». «Moi, quand je brûle ma béchamel, je la jette», rétorque Élyse. Et c’est pour ça qu’Élyse n’est pas propriétaire d’un restaurant étouellé Michelin, mais qu’elle est notre étouelle à nous.

Lui, il sait c’est quoi une béchamel brûlée. Ben tant mieux pour lui.

Romain, quant à lui, commence par le plus important : aller chercher ses assiettes. Ce ne sera pas le seul moment de la soirée où le futur papa aura d’étranges priorités et fixations. On va mettre ça sur le fait qu’il est sur le bord d’accoucher et qu’il devra peut-être finir de préparer son dessert en recevant une péridurale.

Pratiquant ses skills de parent, il passera d’ailleurs de précieuses minutes à jouer à cache-cache avec son œuf de caille dans le thermocirculateur. Ah Romain, tu vas faire un bon pôpa, mais jériboire, concentre-toi!

Tel une femme en plein traitement de fertilité, Romain se questionne.

Comme quelqu’un qui achète un extracteur à jus un jour en se disant que ça va être bon pour sa santé de se faire des jus frais tous les matins, mais qui finalement le remise et ne s’en sert qu’une fois aux six mois quand toute la belle-famille s’invite pour le brunch, Laurent n’arrive pas à faire fonctionner le cristifie d’extracteur à jus que, pourtant, tabarstie ça avait l’air si simple quand le gars s’en servait à la télé. Proche de mettre le feu à tout le studio de frustration, il est obligé d’appeler le soutien technique (AKA Daniel) à l’aide. Celui-ci lui a probablement dit de quoi du genre «faut juste que tu visses de l’autre bord, le couvercle» et ça s’est mis à marcher. TK, tout ça pour dire qu’il a perdu pas mal de temps avec cette ostinak de patente à gosse qui est faite pour traîner sur le comptoir afin d’impressionner la visite. On a aussi perdu pas mal de temps à faire des jokes là-dessus sans sacrer pour vrai.

Deux minutes plus tard, Laurent renversait une armoire de chaudrons et quittait la cuisine en criant «M’en va me cuisiner un Kraft Dinner, côlisse!».

Mauvaise nouvelle : Ann-Rika sort son pain du four, et il est à peu près aussi gonflé qu’une hostie de pumpernickel. On tremble alors de peur dans nos bandanas à l’idée qu’Ann-Rika se fasse excommunier de la compétition. On ne sait pas c’est quoi, mais on blâme le pumpernickel. C’est sûrement de sa faute. Avec un nom de même…

Pendant ce temps, Romain cuisine ce qui ressemble à la pire des saucisses hot-dog passées date, mais qui sont en fait des couteaux de mer.

Va-t-il servir ça avec des fourchettes de mer? (Non! Ne partez pas! On a de meilleures jokes qui s’en viennent. Promis.)

Comme c’est pas beau tu-suite tout ça, Romain va recouvrir son plat d’un voile d’amande. Le voile d’amande, c’est la version gastronomique de la petite peau qui se fait sur le dessus de la crème de brocoli à la cafétéria. Le voile se place par-dessus le plat, pour s’assurer que ça ait l’air le plus drabe et beige possible, ce qui est quand même la marque de commerce de Romain. Boni : ça gosse les partisans de la charte des valeurs.

Le caméraman fait son possible pour le beauty shot, mais c’est un peu comme filmer Marcel Aubut en bobettes.

Sous ce ravioli prémâché postdigéré se trouvent les petites soucisses de la mer, du chou-rave (le même chou qui va veiller jusqu’à 7 h du matin ben crinqué sur de la peach pis du Red Bull) et de la salicorne. Sti que c’est poétique, pareil, de la salicorne.

Ta licorne.
Ma licorne.
Salicorne.
– Les Sœurs Jean-Luc Boulay

Arrive finalement le moment du dressage des assiettes. Le gars de la musique sort son CD du Seigneur des anneaux, à la track où une armée d’orques sortent de la terre ou de quoi d’épique du genre. Élyse, qui n’entend pourtant même pas la musique, déclare «c’est don ben stressant». Debout sur nos divans, des mottes de cheveux arrachés dans chaque main, on confirme.

Romain présentera sa conférence de motivation «Crois en toi! (Mais pas trop)» partout au Québec cet hiver.

À l’opposé de Romain, Ann-Rika se force pour présenter de quoi de présentable et est à la veille de sortir l’équerre, le rapporteur d’angle, le compas et l’espèce de p’tit traceur à lettres que ton crayon rentrait jamais dedans pour aligner ses rectangles comestibles. On n’oserait pas l’affronter à Jenga.

J’engage Ann-Rika anytime pour poser de la céramique dans ma salle de bains.

On ne se souvient plus de ce qu’il mime, mais on ne pouvait pas ne pas le partager.

Et c’est maintenant l’heure (y’é comme 20 h 32) de laisser nos juges goûter à tout ça pendant qu’Élyse bave en coulisses, pis de les laisser décider quisséqui va finir troisième, oublié de tous les téléspectateurs dès demain.

Chaque fois qu’Élyse dit «bonne dégustation», j’ai l’impression que la prod la laisse pas manger pis je me sens triste en dedans.
– Caroline

VAS-TU FINIR TON PREMIER TOUR?

Le candidat qui aura le moins bien réussi quittera la cuisine, mais pas le studio, car on a besoin de le ramener pour le générique.
– Élyse

Si tu prenais pour le gars qui trippe sur ABBA et le jaune et bleu, tu vas morver dans tes Inbjudande parce que Laurent prend la porte.

Désolés Laurent, mais si on a bien compris les juges, ton premier plat aurait pu être bon si ça avait été un autre plat, et ton autre entrée était trop grasse. Tu aurais gagné si tu avais cuisiné autre chose, genre des boulettes dans la sauce beige. Bref, ça a passé proche, comme on dit!

La béchamel brûlée, c’était rien.
– Nietzsche, «Ainsi parlait Pasquale»

On vous rappelle que Laurent est disponible dès maintenant sur Resto-Contact. Passez lui faire un coucou.

PLACE AU DEUXIÈME TOUR!

Ça embraye en deuxième vitesse pour les sourcils d’Ann-Rika et les joues de Romain alors qu’ils n’ont que deux heures pour faire un plat principal et un dessert. Pourtant, deux heures, c’est vraiment long. Exactement long comme quand ton prof d’université te dit qu’il te reste deux semaines pour faire ton travail de fin de session pis que t’es comme «ok, c’est chill, j’ai le temps».

À ce point-ci de la compétition, Romain tombe en transe et fait une fixation sur sa meringue. Pendant une heure, il va brasser de la meringue. Mettre sa meringue au frigo. Pitcher sa meringue aux vidanges. Recommencer une meringue. Romain est comme dans un univers parallèle où la monnaie courante est la meringue, et il a l’intention de devenir riche.

Meringue. Meringue, meringue. Me, ringue. Merin ! Gu! E! Merin gueme, ringu merin.
– Romain

Pendant que Romain fait tout sauf son porc, Ann-Rika, elle, avait déjà fini de cuire son bœuf, terminé ses accompagnements et écrit 10 pages d’analyse sur le schéma actantiel des contes de fées d’après les travaux de Propp.

Oh, elle avait aussi mis vraiment trop de vin rouge dans sa sauce au goût des juges, mais on se permet ici un aparté pour dire qu’ils ont vraiment pas de goût, les juges.

Pour la finale, les juges ont décidé de faire comme des jumeaux identiques pis de se faire passer l’un pour l’autre. Devinez qui Normand imite!

Ann-Rika fait pleurer les p’tits bonshommes niaiseux d’Éducalcool, mais Romain, lui, a le struggle dans le tapis. Il en est à sa huitième meringue pas à son goût mais, tel un bracelet de pur noisetier, rien n’arrête sa motivation.

De l’optimisme à broil.

Ça a pourtant l’air si appétissant… ¯\_(ツ)_/¯

De leur côté, les juges jouent à qui est le plus sceptique et qui est le plus confus. On a même hésité entre un drinking game avec la phrase «mais il/elle fait quoi, là?» et caler 2 onces de tequila Bang Bang chaque fois que Romain se part une recette de meringue. Jean Lapointe lui-même nous a téléphoné pour nous dire de ne pas gâcher notre vie, alors on est restés au Perrier même si ça fait roter.

Admirons tout de même la détermination de Romain : alors qu’il reste moins d’une heure au défi, notre imperturbable aspirant-chef est toujours dans le fouettage pis le battage pis le mélangeage de blancs d’œufs à qui mieux-mieux. Rendue à ce point, Élyse pense que Romain la niaise chaque fois qu’elle entend le mot «meringue».

Y’a une méchante gang de poules qui ont vu le labeur d’une vie finir plein de sucre en poudre, trop cuit pis câlissé aux vidanges. On pense à vous, les gurls.

Avec sa meringue, Romain perd beaucoup de temps, et beaucoup d’eau du front aussi.
– Caroline

Ann-Rika, elle, en est à effeuiller des fleurs avec une pince à sourcils quand arrive pour une deuxième fois le moment de dresser les assiettes et de leur apprendre à faire la belle.

Next time que je reçois à souper, j’enlève ma peau de soupe avec des bandes de cire.
– Caroline

Le gars de la musique repart encore en peur avec son CD de Mortal Kombat cette fois-ci et on a l’impression que les deux finalistes se battent à coup d’épée en feu sur le top de l’Everest pendant une pluie de météorites. Cher gars de la musique : c’est correct. Tu aurais pu mettre une chanson de Caillou pis on aurait capoté nos vies pareil. Surtout avec la toune où il cherche son camion pis que dans le fond il était juste mal rangé.

La bajoue et la joue dans le petit pot.
– Romain, auteur de livres gastronomiques pour enfants

«Je fais partie de la gang moi aussi, hein? Hein?»

Puis, c’est la fin. Les assiettes sont servies, les juges dégustent et le alea est jacté comme jamais. Ne reste plus qu’un bel hommage venu du cœur (et du par cœur) de Normand Laprise aux deux finalistes, et l’on saura qui remporte cette édition.

Avez-vous hâte?

Voulez-vous savoir c’est qui?

Voudriez-vous qu’on vous révèle enfin qui est ce mystérieux gagnant dont on tait habilement le nom depuis le début de ce texte?

Ça vous intéresse qu’on vous divulgue l’identité du champion des champions, du chef des chefs?

Ça vous gosse les émissions de téléréalité qui étirent sans fin le suspense cheap?

Vous trouvez ça encore pire quand c’est sur un blogue comme ici?

Alors continuez à lire, parce qu’on va vous le dire qui qui a gagné!

C’est juste après l’intertitre qui s’en vient.

Celui juste en-dessous de cette phrase.

Hiiiiiiiiii, c’est excitant, hein?

Oups! On avait dit que c’était en-dessous de la phrase y a deux phrases. k. Continuez à lire. On a fini de niaiser.

VAS-TU FINIR TA 7E SAISON DES CHEFS!?

ANN-RIKAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA!
ANN-RIKAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA!

– Tout le Québec, sauf ceux qui sont fru qu’on soit heureux qu’une fille gagne parce que gnangnangnan

Divulgâcheur : c’est Ann-Rika qui gagne, pis on capote que l’saint-crème (Natrel, 35 % à fouetter, 3,99 $ chez IGA cette semaine). On a tellement crié aigu qu’il y a une gang de dauphins qui remontent actuellement le Saint-Laurent en notre direction, attirés par nos ultrasons de la victoire.

Première gagnante de l’émission, Bandan-Ann-Rika réussit à attendrir tout le Québec sauf les morons cités ci-haut en annonçant qu’elle investira son prix dans le café tenu par sa mère, à Lévis. Normand a les larmes aux yeux, Élyse a les larmes aux yeux, nous on fait semblant que c’est juste de la poussière de poil d’acarien de pollen d’oignons tranchés qui nous fait ça.

Quant à Romain, joyeux perdant plein de bonne volonté, il se réjouit humblement de la bourse de 15 000 piasses qui lui est accordée, avec laquelle il pourra payer 6 mois de couches à son enfant à naître, ou 2 semaines de garderie non subventionnée.

Il était prêt, Romain : il pratique sa face triste depuis le premier épisode.
– Mathieu

C’est alors qu’on ramène Laurent sur le plateau, lui qui était probablement en train de vider le minibar dans les coulisses, afin de souligner sa troisième place. Bon joueur, mais mauvais comédien, il tente de nous assurer que ça y fait pô d’peine.

Laurent prend vraiment super bien la défaite.

Et c’est sur une Ann-Rika émotive, comme nous le sommes tous dans nos chaumières maintenant qu’une fille a enfin gagné aux Chefs après 7 saisons, que se termine le plus fabuleux show télé de l’univers.

C’était vraiment le fun, cette saison! Merci à l’équipe, des juges au perchiste en passant par le gars qui faisait la vaisselle, probablement en lichant les assiettes.
– Mathieu

Élyse et Daniel trinquent à la santé des téléspectateurs, mais nous, on a yienque envie de caler la bouteille de champagne avec un entonnoir, la tête en bas, pour oublier que nos lundis soirs vont être plates en calvasse astheure sans eux.

Quant à vous, chers lecteurs qui avez été vraiment nombreux, on va faire comme Gerry et vous dire «Marci!» en vidant une Labatt 50 d’une main tout en jouant de l’orgue Hammond de l’autre. Ce fut vraiment une joie d’écrire pour le plaisir de votre lecture.

Les Chefs se terminent, mais nous allons continuer à écrire régulièrement sur ce site. (HAHAHAHA! On va écrire régulièrement! Hahaha! Ouf… hey… maudit qu’on en écrit des folleries.)

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6 réflexions sur “#42 – Les Chefs, la finale : cliquez ici pour savoir quelle fille a gagné

  1. Ouf, j’ai tellement ri, là-là! Romain pourra pas faire cuire mes joues, sont trop crampées! Merci à vous 2 pour ces excellents moments, j’ai juste hâte de voir sur quoi vous allez jeter votre dévolu après ça!

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  2. Tres content qu’Ann-Rika ait gagné! Encore plus que ça vous fasse plaisir! Ceci dit, cette série de blogues a été sans pareille et je vous en remercie beaucoup. On va s’ennuyer, peut-être…

    Mais oui!!!!! On va s’ennuyer. C’était une farce !!! (Lalalalère, moi aussi je suis capable)

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  3. Oufff. … Vous m’avez encore fait rire tu seul dans mon salon…. lolll
    Comme vous je vais M ennuyer des chefs… Mais surtout de vos résumé trop drôle.
    à bientot

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