#39 – Les Chefs : sous l’océan pour le septième épisode

D’habitude, Caroline Décoste et Mathieu Charlebois goûtent pour vous à des produits d’épicerie. Cet été, ils écoutent plutôt le retour de Les Chefs dans sa nouvelle vieille formule réchauffée.

***

Grâce à leurs comptes rendus des Chefs, les deux Vas-tu finir continuent leur montée dans la stratosphère de la célébrité radio-canadienne (comme quoi, quand tu ris de Radio-Canada, tu te fais inviter à Radio-Canada pour en parler). La semaine dernière, on passait à la radio. Cette semaine, Caroline a commencé sa soirée du lundi en passant à la télé. C’est vraiment cool. Et si nos proprios acceptaient qu’on paye le loyer en visibilité, ce le serait encore plus.

courir.gif

Il fait tellement frisquet à Québec que les nus-vite gardent leurs vêtements.

Tout ça pour dire que nous sommes extrêmement heureux que vous soyez si nombreux à nous lire, et on ne vous fera pas attendre plus, car…

Ça commence maintenant!

giphy.gif

Ce n’est pas Élyse Marquis. On le sait. Mais on pense que toutes les émissions devraient commencer comme ça. (Gif : Geneviève Jetté, pour Le beau dimanche)

Ce soir, les aspirants-chefs, les téléspectateurs pis James Cameron font un hostie de saut en voyant de quossé qu’a d’l’air l’ingrédient vedette du défi, la baudroie d’Amérique. T’es-tu déjà dit, en regardant Alien, que la bébitte avait l’air savoureuse? «Messemble que j’te ferais tout un barbecue avec d’la sauce VH sur c’te belle créature gluante avec deux sets de dents. Viens-tu souper?»

Ben figure-toi qu’y’a un Ridley Scott de la bonbonne de propane qui trouvait qu’une baudroie, ça avait l’air appétissant. Probablement le même gars qui s’est versé en premier une tasse de Maxwell House chié par des furets vietnamiens.

Petite pause National Geographic

Baudroie d’Amérique
Bauuuudroiiiiie d’Amérique
Baudroie de silence
Baudroie d’impatience
– Richard Séguin

La baudroie d’Amérique a la réputation d’être le poisson le plus laid au monde. Et depuis quelques temps, c’est encore pire qu’avant.

poisson-laid.jpg

On va construire une barrière de corail, pis c’est les perchaudes qui vont payer!

Aussi appelé «lotte» mais juste pour sa queue (on vous niaise pas), la baudroie a des épines, peut vivre 11 ans, atteindre un mètre de long et va hanter vos cauchemars si vous la regardez trop longtemps. Poisson de fond, il se tient là où y’a pas trop de lumière, attend que la soirée soit bien avancée et approche les filles qui ont un peu bu en dansant trop collé.

Au niveau du culinaire, on doit couper la tête de la baudroie avant de la cuisiner, parce que c’est pas vrai que je vais réussir à manger quoi que ce soit avec cette face-là qui me regarde.

metro.jpg

Revenez-nous la semaine prochaine, alors que nous en apprendrons plus sur un animal fort étrange : la personne qui achète le magazine Summum parce que le titre d’un article sur la couverture l’a intriguée.

De retour aux Chefs

Vous n’avez jamais cuisiné/touché à/regardé/entendu parler de ce poisson qui ressemble à la plus laide statue du musée Grévin qui serait en train d’achever de fondre? Vous n’êtes pas les seuls.

jamais.gif

Dis-nous, Jean-Luc, comment de qu’on est supposé faire de quoi avec «ceci»?

Routie, c’est toujours mouilleur.
-Jouen-Louc

Déjà, c’est un pas pire défi, mais juge Boulay tient aussi à ce que les chefs «maximisent le produit». On est en 2017, la gang, respecter le produit et lui demander sa permission avant de lui donner un ti-bec-sua-bouche et une tite-tape-sué-fesses ne suffit plus. Il faut maintenant le maximiser.

Le temps aussi est à maximiser, et il ne faut pas en perdre trop parce que, on sait pas, ça se pourrait qu’il se passe quelque chose. «Peut toujours y avoir des pièges», lance, de même, sans raison, juge Boulay. Ce à quoi Élyse répond un innocent «On sait pas». Ben non. On sait pas, hein?

On sait pas non plus si les libéraux vont être réélus pour les 45 prochaines années et si je vais dire un gros mot la prochaine fois que je vais marcher sur un Lego. ON SAIT PAS.

(Faites pas le saut, mais Élyse avait une «annonce à vous faire» deux minutes après.)

LA SURPRISE QU’ON SAVAIT PAS PÉTOUTE

eponge.gif

Avec toute l’eau ramassée sur son front, Romain a pu faire boire un village d’Afrique de l’Ouest durant un mois.

Le stress atteint un au niveau d’à son comble lorsqu’Élyse, queen d’la ratoure, surgit en surprise de la pantry pour annoncer une twist au défi de la soirée :

«Nos juges souhaitent oublier le goût de tchu d’la lotte avec un dessert.»

Un dessert, donc, mais pas n’importe lequel : le meilleur, celui au goût de placement de produit. Les chefs doivent intégrer du (Nes)café dans leur plat, un peu comme les coupes Keurig ont intégré la destruction de la planète à leur modèle d’affaires.

En apprenant le défi, on s’excite comme des puces. Est-ce que George Clooney va venir juger les plats!? Rapidement, on déchante. Clooney n’est pas là. C’est plutôt Danny DeVito qui y est, mais on ne le voit pas parce que sa tête arrive flush avec le comptoir.

Chus quand même déçue de la twist de Daniel, je m’attendais à ce qu’on fasse un makeover à la baudroie.
– Caroline, addict à America’s Next Top Baudroie et Queer eye for a straight lotte

Sidney, qui était pourtant aussi motivé et motivant la semaine dernière que Marcel Leboeuf qui se serait claqué trois ou quatre lignes de noisetier backstage avant une de ses conférences, est aujourd’hui plus mollo, voire même un brin depressed.

Ma difficulté numéro 1, c’était ma motivation. Asti d’criss que ça me tentait pas à souère.
– Sidney, démotivé mais honnête

Fanny, de son côté, vit échec par-dessus échec, comme un millefeuille de fails. (Un millefail? TRADEMARK!) Tout ce qu’elle entreprend fouerre lamentablement, et sa face d’accablement donne l’impression qu’on vient d’y faire la joke «tapé pas tapé?» avec le dernier Joe Louis de la boîte.

Et pour dessert, je vous ai fait un plat que j’appelle «Mon possible».
– Fanny

Quant à Romain, le téléspectateur distrait aurait pu croire qu’il avait tout abandonné pour passer le reste du défi à fouetter de l’eau et de la farine dans un coin, en attendant la fin du timer. Il n’en est rien. En fait, Romain s’est battu avec son dessert avec l’énergie du désespoir et un mépris apparent pour le concierge du plateau des Chefs.

splash.gif

 

Quand il en a eu fini avec son fouettage, le mur ressemblait aux draps d’un hôtel à siestes sous la lumière d’une black light. Et tout ça pour le plus drabe des plats jamais présentés à un juge, soit ce festival du camaïeu de beige, comme un smoothie de comptable agréé assaisonné d’émission d’été à 15 h un mardi de pluie :

dessert.PNG

Tout ça pour ça.

À voir Romain se démener avec son fouettage comme s’il auditionnait pour le rôle d’Elsa la louve des SS, on se dit qu’il aurait pu profiter des sages paroles d’Anthony qui, lui, se retrouvera peut-être à donner des cours de méditation pleine conscience pis de bols unificateurs de chakras après Les Chefs :

«C’est pu un soufflé pis faut vivre avec.»
– Anthony, qui pratique le laisser-aller

En fait, dans cet épisode, tout est une question de vocabulaire. Anthony l’a bien retenu, alors qu’il présente son dessoufflé au café comme un gâteau à kekchose.

Gâteau, ça passe tout le temps ben. Tout le monde aime les gâteaux. Tout le monde aime encore plus les mi-cuits, parce que ça, rhhhhôôôôô que c’est bon, han, un mi-cuit? C’comme un gâteau, mais c’est pas cuit en dedans, faque c’est tout mou pis chaud pis miaaaaaaaaaaaaaaaaaam. Faque la prochaine fois que tu rates la cuisson de ton poulet pis qu’il est ben rosé en dedans, ben appelle ça un mi-cuit pis tes invités vont CA-PO-TER (surtout après leur nuit à l’urgence).

Un autre candidat, pas ben ben sûr de ce qui est sorti du four, présente son Nesdessert comme «un gâteau à mi-route entre un financier et un cake».

Un cakencier? Ou juste un gâteau pogné sur la 20 à la hauteur de Laurier-Station?
-Mathieu

Pis des fois, tu peux juste mettre «urbain», «contemporain» ou «moderne» à côté d’un ingrédient pis t’as l’air d’y avoir pensé toute la nuit. C’est ce que fais Fanny avec son «beurre moderne», pis là on est en droit de se demander : ça pogne-tu le wi-fi, ça?

QUI GAGNE À LA LOTTE-EAU DES ASPIRANTS-CHEFS?

Juge Jean-Luc est heureux, et il le dit :

«Ça me rend heureux!»
-Jovial-Luc Boulay

Pourquoi? Parce que chouchou Anthony se classe bon deuxième. On vous l’avait dit que tout était dans le nom! #gâteauFTW

Et c’est Laurent qui remporte la première place. Pis là, si vous faites comme «Uh, qui?», ben sachez que vous venez d’apprendre un nouveau nom. Personnellement, on ne savait même pas qu’il faisait partie de l’émission avant ce soir. Discret, ce Laurent! (Sauf quand il se la pète avec la Scandinavie. C’est beau. Tu as cuisiné en Suède. On le sait maintenant. Nous, on a des meubles Ikea et on fait pas suer personne avec.)

Mais ce qu’on retient surtout, c’est à quel point les concurrents sont adorables, à s’entraider et se donner des trucs. On les regarde aller et on se prend à croire que la paix dans le monde est encore quelque chose de possible. S’il y avait plus de Ann-Rika, de Romain et de Fanny, et moins de crisses de nazis qui se promènent avec des torches tiki dans la main comme si on avait mis de l’acide dans l’eau du camping Sainte-Madeleine, le monde irait mieux.

Bon. Assez de fraternité! C’est le temps de crisser deux concurrents dans l’octogone et de les regarder s’arracher les yeux et se battre jusqu’à la mort avec une spatule. ON VEUT DU SAAAAANG !

Le duel

Un de vous deux devra quitter la brigade, aller habiter à Normétal et disparaître dans l’oubli comme le gars dans la première saison de Star Académie qui venait de là.
– Élyse Marquis

Au duel cette semaine : Fanny et Romain, ce qui est extrêmement inattendu si tu n’as pas remarqué que la moitié de l’émission à date consistait à nous montrer que ça allait pas bien pour eux.

S’amorcent alors de véritables Olympiques de la cuillère de beurre, où les duellistes rivalisent de gras coups de poignet et garrochent du jus de pis de vache sur un morceau de boeuf comme si leur sort à l’émission en dépendait.

cuilleres.gif

J’aimerais qu’au lieu du steak, ça soit ma bouche dans laquelle Fanny pitche plein de beurre chaud.

«Une cuisson à point, ça veut dire pas pire, genre pas raté au niveau du cuit».
– Juge à point

La pression est forte, et sitôt la cloche sonnée, on perd pratiquement Fanny, qui s’écroule et passe le reste de l’émission cachée sous le comptoir, avec Danny DeVito. Et c’est là que Pasquale sort une phrase qu’on n’aurait jamais cru entendre pis on se demande encore si on n’a pas halluciné:

«Il y avait trop de beurre.»

Trop de beurre? Pasquale, es-tu ben? Veux-tu en parler?

Daniel renchérit en parlant marges de profit et coût de revient. «Vous savez comment ça coûte, une livre de beurre?» Tu veux dire, Daniel, quand tu l’as pas gratos d’un commanditaire pour le ploguer?

Vas-tu finir ton épisode?

Si tu t’appelles Fanny, non.

Fanny doit quitter la brigade et on n’avait pas eu autant de peine devant un écran depuis le chien écrapou dans la Guerre des tuques. Manquait juste la toune de Nathalie Simard.

L’amour a pris son temps, pis il a cuisiné de quoi à la mijoteuse.
– Mathieu

En ouverture d’émission, Daniel a rappelé qu’avec le petit nombre de concurrents restant, les aspirants-chefs devaient «prouver que vous avez tout ce qu’il faut pour devenir un grand chef.» Puis, en saluant le départ de Fanny, il lui a déclaré «tu as tout ce qu’il faut pour devenir un grand chef».

Faque… POURQUOI ELLE A PERDU, DEBORD? Branche-toué, Daniel. Arrête de jouer avec nos sentiments comme ça!

Chère Fanny, de la part de tout l’internet…

source.gif

Et maintenant, Ann-Rika, la réputation de la moitié de la planète repose sur toi, tes yeux et tes bandanas funky. Les utérus comptent sur toi!

La semaine prochaine, aux Chefs en folie

Sidney met le feu à la cuisine et Pasquale essaie de topper toutes ses faces de la saison avec une seule face ultime.

pasquale.gif

Aussi, Romain retrouve son frère jumeau, donné en adoption en très jeune âge.

pasted image 0.png

(Merci à Christian Letendre pour le gag.)

→ Pour être informé chaque fois qu’un nouveau texte débarque ici, inscrivez-vous à notre infolettre. C’est aussi gratuit et délicieux qu’une dégustation de mini soucisses à l’épicerie. ←

Publicités

6 réflexions sur “#39 – Les Chefs : sous l’océan pour le septième épisode

  1. Vous êtes vraiment trippant je m’amuse au bout comme on dit, en lisant tous vos commentaires. Une belle gang et il était temps qu’on vous passe à TV.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s