#32 – #InnoverCommeYumYum : voyage dans le futur du présent

Caroline Décoste et Mathieu Charlebois goûtent pour vous à toutes sortes de choses, afin de répondre à la question «Si tu manges ça, vas-tu finir ton assiette?».

Parce que comme le dit l’adage, les chips, c’est toujours bon, sauf quand ça l’est pas, on a arpenté l’allée 8 à la recherche de la saveur la plus étrange depuis que quelqu’un qui a l’éthique d’un cloneur d’humain s’est dit «eille, les oignons, c’pas yâble, la crème sure non plus, et si je les forçais à copuler dans le même sac?».

Surprise! Ce n’est pas une saveur qui s’est révélée à nous, Sainte-Vierge dans son rocher de papier (pardon, une moitié de baignoire avec des coquillages sur le bord de la route principale), mais bien une méthode.

Aujourd’hui, nous allons donc allier le savoir-faire millénaire de la croustille cuite à la marmite, comme le faisait l’Homo habilis, et l’innovante innovation de passer proche faire sauter ton bloc en mettant un sac scellé plein d’patates dans un magnétron de 1 200 watts, avec :

À l’ancienne croustilles cuites à la marmite Yum Yum

«ESSAYEZ-LES CHAUDES!», clame le coin du sac, et on sent un peu de peer pressure, là.

«Aweye… Essaie-les chaudes. Aweye donc! Essaie… essaie. Pis va étrangler ton voisin. Aweye donc!»
– Le sac

Comment résister à un tel appel, même une fois qu’on a compris qu’on parle ici de se réchauffer les croustilles, et non pas de prendre une brosse entre gurls en se bourrant de chips et en criant que c’est ta toune?

«Hot Chips? Je suis un gros fan!»
– Mathieu, qui est Ready for the floor autant qu’il est ready pour le crounch

L’appel au réchauffement de la planète patate nous provient de Yum Yum, une compagnie qui, quand elle n’essaie pas de nous faire voyager dans le passé en ramenant un dessin vaguement raciste de «petit Indien» sur ses sacs, tente de nous catapulter dans le futur en nous les faisant mettre au micro-ondes. (Les sacs, pas les Indiens.)

«Si y’a pô d’sôvôge su’ mes chips, euj’ voulions rien savouère.»
– Le public cible du rebranding

Qui plus est, le sac nous promet qu’un simple passage dans la machine à ondes va nous «permettre de vivre toute une expérience gustative». Hey, le fin finaud avec sa cuisine moléculaire où on mange de la sphérification de fumée! Tasse-toué de mon chemin, faut que je crisse mon sac de chips dans le micro-ondes!

C’est le fun, parce qu’on a l’impression de cuisiner! Ça a quasiment l’air santé!
– Mathieu

PRÉPARATION ET PRÉSENTATION SUGGÉRÉE

La patate chips au micro-ondes, c’est un peu la version cardiaque-pépère-tranquille-pas-de-surprise du popcorn au micro-ondes. Si tu frôles la crise d’apoplexie à chaque grain de maïs qui explose à cause de tes mauvais souvenirs du Vietnam, le sac de chips qui tourne dans le micro-ondes pendant 40 secondes sans faire de bruit est l’invention que tu attendais.

Pis ça, c’est quand il tourne. Parce qu’à moins d’avoir un micro-ondes grand comme un appart parisien, ton sac va faire comme un toddler de deux ans qui veut pas s’habiller et juste rester su’l dos.

Au sortir du four, le sac est gonflé comme une vessie de femme enceinte après trois gorgées de Pepsi.

Après 40 secondes, tu te retrouves avec un sac un peu chaud, mais pas trop, qui contient un mélange de chips chaudes, de chips trop chaudes et de chips pas chaudes. La famille d’ours dans Boucle d’or tripperait.

La twist, par contre, c’est que si tu les sors du sac pour les mettre dans un bol, comme si tu étais un baron ou une quelconque royauté avec 5 fourchettes en ordre de grandeur à côté de son assiette, elles refroidissent super rapidement. La croustille reprend sa température pièce en moins de temps qu’il n’en faut à une femme pour se faire interrompre par un dude dans une réunion.

«Moi je les ai plutôt mangées dans le sac et»
– Caroli
«Les miennes étaient froides et je suis vraiment déçu pis je dois en parler très fort.»
– Mathieu

Chaque sac n’est réchauffable qu’une seule fois. Assure-toi donc d’avoir vraiment faim, parce que c’est ta seule chance. Après ça, c’est frette que tes croustilles tu mangeras.

Notre conseil : faites-en un souper. Après tout, c’est quoi la différence entre un bol de chips et des gnocchis?

INTERMÈDE CHIÂLAGE

On nous promettait l’invention du FUTUR, et la «saveur de l’heure dans le domaine de l’innovation». C’est du moins ce qui était écrit sur le carton accompagnant une pleine caisse de chips livrée chez des «zinfluenceurs» (tsé les millenials qui gagnent leur vie sur Instagram pis qui font chier Patrick Lagacé? Les mêmes, là).

«À une époque où l’intelligence devient artificielle et où les voitures se conduisent toutes seules, est-ce que c’est notre faim insatiable pour l’innovation qui nous pousse à inventer et réinventer, ou notre faim tout court?»
– Le petit carretron envoyé à «un groupe sélect d’individus qui ont le pouvoir d’influencer notre regard sur les nouvelles technologies, en évaluant le véritable impact qu’elles ont sur notre société, dans une ère en constante évolution.»
Pour vrai. Pas de farce. Ils ont tout écrit ça sérieusement. Allez lire.

On sonne amers? Ça doit être parce qu’on est amers! On file mi-sel mi-vinaigre, là.

Pouvez-vous croire qu’on n’a jamais vu l’ombre de cette caisse? Nous, les trailblazers de la dégustation de Doritos, les early adopters de Pop-Tarts. Nous sommes amers, et plutôt déçus de constater qu’on n’est tellement pas mainstream qu’il faut encore payer nos chips avec notre argent de poche comme le monde ordinaire.

Come on, Yum Yum, même le gars dans le coma dans ton annonce les a pas payées, ses maudites chips.

/ENDOFRANT

DÉGUSTATION

Parce que Caroline est plus game que Mathieu, elle a tenté la saveur bacon et érable ainsi que trois fois plus de poivres que lui. #àbaslepatriarcat

Trois saveurs furent dégustées : Bacon et érable, Lime et trois poivres, ainsi que Lime et poivre rose. Parce que chez Yum Yum, on aime le poivre autant que les policiers de Val-d’Or.

Dans notre trio de fumets croustilliens, celle bacon et érable se démarque par son odeur persistante de cabane à sucre. La version en bois rond un peu humide, remplie d’accordéonistes en chemise carreautée qui essaient de faire groover des familles de banlieusards blasés venus retrouver leurs racines à coups d’oeufs trop cuits dans le sirop. Bref, ça schlingue un brin le too much érable.

Mathieu n’a pas lu l’avertissement sur le sac. «Le sac et les croustilles peuvent être chauds.»

Dans la bouche de Mathieu, en plus des miettes tièdes, il y a aussi cette affirmation controversée : les chips lime et poivre rose seraient meilleures que la majorité des autres croustilles cuites à la marmite, incluant les Cape Cod Kettle Cooked pis celles de son arrière-grand-mère Melvina. Vous pouvez adresser vos récriminations à vastufinir@gmail.com.

Quant à la promesse de tripler la poivreté tout en gardant la limette du deuxième sac de Caroline, ça a fait pouet-pouet.

«J’ai compté les poivres pis il en manque un.»
– Caroline, qui devrait savoir que c’est pas parce que t’as un bac littéraire que t’es obligée d’être littérale

«Yum Yum? Je dirais plus bof bof.»
– Mathieu, fier de montrer que lui a fait le bon choix de chips et qu’il va nous en parler longtemps

VAS-TU FINIR TES TSIPSES SAUDES?

Les chips elles-mêmes sont bonnes, mais sont-elles si plusse bonnes chaudes? Un peu, mais pas de là à aller se faire imprimer un chandail «J’aime mes chips comme j’aime mes femmes : chaudes et BBQ».

«Avec ça sur le dos, tu vas rester all dressed pendant longtemps.»
– Caroline

On est en droit de se demander si faire chauffer ses chips, c’est pas un peu l’équivalent culinaire d’un énième roman de Chrystine Brouillet : c’est bon, mais comme le dit le gars qui demande tout le temps si on en a vraiment besoin, on en a-tu vraiment besoin?

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2 réflexions sur “#32 – #InnoverCommeYumYum : voyage dans le futur du présent

  1. Merci ! ça fait carrément des années que je n’avais pas ridjolé toute seule chez moi comme ça en lisant un blog. En prime, ce doux mélange persistant de sensations bipolaires qui me pousse vers mon frigo et me retient d’avaler quoi que ce soit en même temps : un régime par le rire et le dégoût, c’est soyeux. J’en reprendrai une tranche au prochain billet avec plaisir (-:

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