#19 — J’aime ta grand-mère, mais pas son popcorn

Caroline Décoste et Mathieu Charlebois goûtent pour vous à toutes sortes de choses, afin de répondre à la question «Si tu manges ça, vas-tu finir ton assiette?»

Cette semaine :

MAÏS SOUFFLÉ GOURMET SAVEUR BONBONS À LA MENTHE ORVILLE REDENBACHER’S ÉDITION LIMITÉE

popcorn-1

Ce n’est pas la première fois qu’on parle de maïs soufflé sur ce blogue, mais c’est la première fois que le maïs a un nom plus long qu’un enfant né entre 2000 et 2010. Genre Marie-Catherine-Herménégilde Buissonnault-Castonguay Junior.

Intimidation! Faites-moi pas appeler Jasmin Roy!
– Marie-Catherine-Herménégilde Buissonnault-Castonguay Junior,
dont le nom est plus long que la joke

Afin d’éviter que ce texte ne s’étire jusqu’aux confins de l’Internet à force de répéter «Maïs soufflé gourmet saveur bonbon à la menthe Orville Redenbacher’s édition Supercalifragilisticexpidélilicieusement limitée», nous allons rebaptiser le produit susmentionné MSGSBALMOREL.

Le MSGSBALMOREL est donc le deuxième popcorn à passer la douane de notre gorgoton dans le cadre de ce blogue et la barre est haute pour lui, parce qu’au précédent, on avait tripé comme un épileptique dans un magasin de stroboscopes.

Le MSGSBALMOREL sera-t-il aussi bon que le Gourmaïs? Si on peut en finir avec cette intro, vous allez peut-être pouvoir le savoir.

PRÉPARATION

Nul besoin d’aller poser des pièges à renard à ours au CHSLD le plus près pour capturer une petite vieille et lui subtiliser son stock de paparmannes. Pas besoin non plus de vous faire accuser d’appropriation culturelle par les Incas en faisant éclater des grains de maïs.

Non, pas besoin d’aller marier saveur gériatrique et savoir-faire ancestral d’un peuple conquis par des gars avec des gros chapeaux pis des cols de dentelle, parce qu’Orville s’est chargé de faire la recette pour nous. Heureusement, d’ailleurs, puisque s’il ne l’avait pas fait, personne ne l’aurait fait. Sérieux, mais pourquoi donc aurait-on fait du popcorn à la paparmanne?

Par vengeance?
– Caroline

Pour aller cruiser des tites vieilles au Lovers?
– Mathieu

Faque bref, la préparation en résumé et pour conclure : achète le sac, ouvre le sac, regrette le sac.

Non, rien de rien, non, je ne regrette rien…
sauf le maudit popcorn aux paparmannes.
– Édith Piaf

PRÉSENTATION SUGGÉRÉE

D’abord, le sac met la barre haute en sivouplâ. Au verso, on peut y lire : «Après des années de développement, Orville a créé un maïs à éclater plus léger et floconneux. Nous avons maintenant un maïs parfaitement éclaté et prêt-à-manger! C’est une explosion de saveur dans chaque bouchée

«Orville a créé»? Orville? De un, on trouve ça heavy d’être à tu, à toi, aux prénoms et aux cochons élevés ensemble avec monsieur Redenbacher. On achète UN sac de popcorn pis déjà, on est best buddies bff #4eva et ti-collier d’amitié qui se sépare en deux avec «Orville»?

C’est clair que si on en achète encore un ou deux sacs, il va venir faire le toast à notre mariage, va falloir le ramasser encore saoul le lendemain matin et le traîner dans nos brunchs avec le reste de la gang. C’est pas mal de commitment pour un sac de popcorgne.

De deux, «après des années de développement»? C’t’à croire qu’Orvie (mon bro, yo!) a passé plus de temps sur la R&D d’un grain de maïs parfaitement léger et floconneux que toute la communauté scientifique sur le réchauffement planétaire.

Le popcorn, ça n’existe même pas. N’écoutez pas les gourmenteurs.
– Éric Duhaime

Finalement, «une explosion de saveur dans chaque bouchée»?

C’est tout. Y’a même pas de joke à faire là-dessus. C’est la version critique alimentaire du chandail de loup : un cliché qui était out pis on en riait, qu’après on s’en servait ironiquement, pis qu’au bout du compte c’est devenu mainstream.

Tout ça pour dire que la présentation suggérée, c’est évidemment de placer le popcorn dans un bol à côté de la porte et d’attendre qu’il pogne dans un seul gros motton. Paparmanne style.

Tu peux aussi le garrocher sur le comptoir, négligemment, comme si rien au monde ne te dérangeait.

Tu peux aussi le garrocher sur le comptoir, négligemment, comme si rien au monde ne te dérangeait.

DÉGUSTATION

On s’attendait à quelque chose d’un peu collant pour doigts, à un popcorn enrobé dans de la paparmanne, comme un genre de Cracker Jack.

Cocaïnomane Jacques.
– PK«En français!»P

Ou un Cracker Granny, pour être concept.
– Caroline

Il n’en est rien. C’est plutôt un banal maïs soufflé, mais picoté de rouge assez odorant de fraise cheapette.

Et là, dans les vapeurs vaguement mentholées émergeant du sac, on s’est posé une question niaiseuse qu’on se pose rarement, à V-TFTA : c’tu bon pour la santé, le MSGSBALMOREL? Est-ce qu’on va se chopper un cancer de la p’tite peau de d’sous de nez à force d’inhaler les vapes?

À l’arrière du sac, on donne les informations nutritives pour une portion de 5 tasses, ce qui est épouvantablement ambitieux. Même si c’était bon pour la santé physique, 5 tasses de MSGSBALMOREL, il y aurait lieu de s’inquiéter à propos de ta santé mentale.

La bonne nouvelle, si tu as ta santé à cœur mais que tu as quand même envie de te bourrer la face de 5 tasses de MSGSBALMOREL : c’est une excellente source de fibres. C’est aussi une bonne source de petits picots rouges (appelons ça de la varicelle de popcorn), mais une moins bonne source de goût de paparmanne. Ça goûte plutôt un peu le Quick aux fraises qui ferait crounch-a-crounch.

VAS-TU FINIR TA PAPARMANNE?

Il manque définitivement de menthe, de fraîcheur. Hey : c’est de la paparmanne. Ça devrait être super mentholé. Dans un rave, on devrait pouvoir se badigeonner de ce popcorn quand il ne reste plus de Vicks. À la place, on a un truc rafraîchissant comme un verre d’eau tiède.

Si ce popcorn jouait dans un film de Denys Arcand, Christian Bégin dirait qu’il est «correct, sans plus». Mais parce qu’il n’a pas d’aspiration cinématographique, le MSGSBALMOREL a fini sa carrière tout éventé, oublié au fond d’un garde-manger. Un peu comme Gildor Roy.

C’est pas si mauvais pendant une demi-poignée. La mauvaise nouvelle, c’est qu’il te reste encore tout un sac à manger. La bonne nouvelle, c’est que tu ne pueras pu jamais de la bouche au cinéma.

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